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beauté, de la beauté naturelle et de la beauté morale; — sentiment du grand et du sublime; — rapport de l'homme à la nature , notre oiganisation sensible ; — dépendance réciproque du corps et de l'àme; — loi de progrès et de perfection; — de l'habitude; — de la raison, de la raison morale, définition de la raison, meilleure et plus étendue que celle d'Hutcheson; chap. 4, page 109. « La raison est un pouvoir de juger et, à ce titre, elle est notre distinctive, notre suprême excellence. » Du sens du bien et du mal, ou sens moral; — dissertation régulière sur le sens moral, page H 5 à 1 4 1 ; — Réfutation de Hobbes ; que le désir du pouvoir n'est pas notre seul désir naturel, mais qu'il est uni à d'autres désirs qui le tempèrent et le dirigent; de la bienveillance naturelle; que l'homme est ne pour la société; — lapport du sens moral à la religion ; — table comparative du bien et du mal dans l'humanité, avec les conclusions qu'une méthode légitime doit en tirer. Telle est la première partie des Principes lie philosophie morale. La seconde est une défense de la nature humaine, Yindicationofhuman nature, où les principales objections élevées contre la dignité de l'homme et contre la vertu sont examinées et réfutées.

A ce volume en est joint un autre qui peut nous donner une idée des leçons qu'Hutcheson faisait chaque dimanche à l'Université de Glasgow sur l'excellence du christianisme, au rapport de M. Leechmann. 11 est intitulé : Philosophie chrétienne, ou doctrine chrétienne concernant Dieu, la providence, la vertu et l'état futur, démontrée conforme à la vraie philosophie; — Christian philosophy, or the Christian doctrine concerning God, providence, virlue and a future slate, proved io le agréable io true philosophy. C'est une suite de passages des saintes Écritures où se retrouvent toutes les vérités démontrées philosophiquement dans le premier volume des Principes. L'auteur se fonde sur celle maxime de tous les grands métaphysiciens et de tous les grands théologiens, que la raison et la révélation ne sont pas contraires l'une à l'autre, et qu'elles sont faites pour se confirmer et se soutenir. Au lieu des

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autorités accoutumées que cite Turnbull, Platon, Cicéron, Marc- Auièle, Schaftesbury , Hutcheson, nous avons ici les apôtres et leur divin maître , et l'enseignement du Christ est placé au faîte de l'enseignement philosophique. De cette manière, le christianisme était rendu acceptable aux philosophes et la philosophie aux ministres de la religion. Des esprits ainsi préparés ne devaient pas être faciles à entraîner au double scepticisme de Hume, qui attaquait à la fois la religion et la philosophie. De telles leçons suivies par Reid pendant trois années consécutives durent confirmer dans son âme les leçons et les exemples de sa famille, maintenir en lui le respect héréditaire des croyances chrétiennes, et en même temps l'engager dans les voies d'une philosophie mâle et généreuse.

Reid, tout jeune encore, obtint la place de bibliothécaire, qui avait été fondée un siècle auparavant par un de ses ancêtres. Grâce à cet emploi, il put rester quelques années de plus à Aberdeen et y continuer ses études. 11 s'occupa particulièrement de mathématiques. Intimement lié avec Jean Stewart, qui devint depuis professeur de mathématiques à Aberdeen et publia un Commentaire sur la quadrature des courbes de Newton, les deux amis s'enfoncèrent dans l'étude des Principes de la philosophie naturelle. Ce commerce assidu avec Newton dut fortifier dans Reid le goût de cette méthode sévère à laquelle le disposaient la solidité naturelle de son esprit et l'enseignement de Turnbull. Plus tard, il aimait à se rappeler ces laborieuses années de sa jeunesse. En

1736, il fit en compagnie de M. Stewart une excursion en Angleterre et visita Londres, Oxford et Cambridge. A son retour, en

1737, il entra, comme presque tous les siens, dans la carrière ecclésiastique, et il fut nommé pasteur à New-Machar, petite paroisse rurale du comté d'Aberdeen. 11 avait alors vingt-sept ans. Il se maria, et demeura quinze ans, de 1737 à 1752, dans les occupations modestes dune cure de campagne et dans une profonde solitude. C'est là que le Traité de la nature humaine^ publié en 1739, lui étant tombé entre les mains, souleva dans son esprit

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des doutes et des problèmes qu'il agita longtemps on silence, et d'où est sortie la nouvelle philosophie écossaise.

Jusqu'à l'appaiition du Traité de la nature humaine^ Reid, comme son maître TurnbuU, comme Hutcheson lui-même qui enseignait alors avec éclat à Glasgow, n'avait jamais songé à mettre en question les principes généraux de ÏEssai sur l'entendement humain. Il fut tout étonné des conséquences que Hume tirade ces principes.

Hume ne confirmait pas seulement l'idéalisme de Berkeley, il transformait cet idéalisme en un septicisme universel; il rejetait comme une chimère tout ce qui n'est pas un phénomène immédiat des sens et de la conscience, tout prétendu sujet de ces phénomènes, toute substance spirituelle aussi bien que toute substance matérielle, toute cause vraiment efficace, première ou seconde; en un mot, il renversait tous les fondements sur lesquels repose la foi naturelle et la foi chrétienne. Le ministre presbytérien recula épouvanté à la vue d'un tel scepticisme. Et pourtant son esprit, accoutumé à un raisonnement rigoureux, n'en pouvait contester la légitimité, à partir du principe en apparence le plus innocent et le plus certain de la philosophie de Locke. Le mal venait du côté d"0Li on l'aurait le moins attendu; il venait d'une théorie qui avait été acceptée par tout le monde sans aucune difficulté et même sans aucun examen, la fameuse théorie des idées représentatives. Ici la noble morale d'Hutcheson, l'excellent et solide enseignement de TurnbuU sur le gouvernement du monde étaient en défaut. Hume, et c'est là son originalité et sa gloire, avait élevé son scepticisme sur un fondement nouveau, de sorte que toutes les anciennes réfutations du scepticisme n'étaient plus de mise. Pour combattre ce nouvel adversaire, il fallait s'engager à sa suite sur un champ de bataille inaccoutumé. Le jeune ministre de New-Macbar osa y suivre le plus ingénieux et le plus habile dialecticien du dix-huitième siècle. Pendant de longues années, il lutta obscurément contre l'auteur du Traité de la nature humaine, soutenu à la fois par l'auteur de VAlcyphron et par celui

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de l'Essai sur l'entendement humain. Rien ne serait plus curieux que de connaître le journal des pensées de Reid à cette époque. On y verrait bien des vicissitudes d'opinions et des perplexités dont il subsiste plus d'une trace ». Reid sortit enfin vainqueur de cette grande lutte, en possession d'un principe qui détruisait du même coup le scepticisme de Hume, l'idéalisme de Berkeley et la philosophie do Locke. Ce principe est, comme nous le verrons plus tard, celui du pouvoir de l'esprit humain de connaître les choses directement, sans l'intermédiaire d'idées qui nous les représentent.

Ce principe, que Reid n'empruntait ni à Hutcheson ni à Turnbull, mais à ses propres réûexions, était gros d'une philosophie nouvelle. Il ne manquait plus à Reid qu'une occasion, un théâtre pour développer fA produire au grand jour les pensées dont il était comme en travail.

Cette occasion, ce théâtre lui fut donné en 1752. Il avait laissé à l'Université d'Abordeen d'honorables souvenirs et des amis qui, connaissant sa capacité et ses études, l'appelèrent à la chaire de philosophie de l'un des deux collèges qui composent cette Université.

Ici commence la carrière académique de Reid. Il demeura onze années à Aberdeen, de l7o2 à 1763.

Le fardeau que Reid avait à porter comme professeur de philosophie était énorme. Dans les collèges de l'Université d'Aberdeen, comme autrefois dans ceux de l'Université de Paris, le cours de philosophie comprenait les mathématiques, la physique et la philosophie proprement dite avec toutes ses parties. Reid s'acquitta de cette tâche avec l'exactitude et le zèle persévérant qu'il apportait à l'accomplissement de tous ses devoirs. Il se forma peu à peu une doctrine de plus en plus générale ; il la répandit par l'enseignement dans la jeunesse confiée à ses soins, et même parmi ses collègues de l'Université au moyen d'une société philosophique

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