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naturel pousse l'iiorame à dire la vérilé ; et réciproquement tant que nous n'avons pas fait la triste expérience que souvent l'homme ment par intérêt, l'instinct naturel nous pousse à croire à ce qu'on nous dit, à nous fier aux témoignages, aux signes de toute espèce par lesquels s'exprime la pensée, soit la parole, soit les gestes, soit les traits et les mouvements du visage. Nous ne voyons pas en elfet que le raisonnement ni l'expérience puissent expliquer ces deux phénomènes qui semhlent bien se rappoiter à des instincts primitifs dont la source est dans la constitution même de nolie nature, dans la sagesse et la bonté de la divine providence. Chap. G, sect. 24 1 : « Le sage et bienfaisant auteur de la nature, qui voulait que l'homme vécût en société, et qu'il reçût de ses semblables la plus grande et la plus impoitante partie de ses connaissances, a placé en lui pour celte fin deux principes essentiels qui s'accordent toujours l'un avecl'autre.
« Le premier de ces principes est un penchant naturel à dire la vérité, et à nous servir, dans le langage, des signes qui expriment pbis fidèlement nos sentiments. Ce principe agit puissamment, même chez les plus grands menteurs ; car, pour une fois qu'ils mentent, ils disent cent fois la vérité. Le vrai e^t toujours ce qui se présente d'abord à l'esprit; c'est notre naturel de le dire; pour être vrai, il ne faut ni art, ni effort, m motif, ni instruction ; il ne faut précisément autre chose que de se laisser aller au penchant naturel qui nous entraîne. Le mensonge, au contraire, exige que nous nous fassions violence à nous-mêmes, et les hommes mêmes les plus dépravés ont besoin d'un motif pour mentir. On dit vrai comme on mange du pain par simple appétit, et sans aucun dessein particulier; on ment comme on prend médecine, pour un but particulier et qu'on ne peut atteindre qu'à cette condition. Si l'on m'objectait que les règles de la morale et l'intérêt de la société sont des motifs suffisants pour engager les hommes à respecter la vérilé, et que par conséquent, s'ils sont habituellement