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3. Nous avons dû modiûer un peu la traduction de M. Jouffroy, poui" la reudie plu> littérale et autoriser nosobservalions;
l'idéalisme et du scepticisme, et attribuer beaucoup trop aux sens pour les venger de la disgrâce où ils étaient tombés? Ce ne sont pas les sens, ce sont nos facultés engagées dans l'exercice des sens qui nous suggèrent, par leur propre énergie et par celle de leurs lois, nos conceptions et nos croyances. Ce deuxième Essai a pour titre : Des facultés que nous devons à nos sens ; mais nous ne devons à nos sens aucune de nos facultés. Les sens sont les conditions nécessaires du développement de nos facultés et de leurs lois; ils sont les occasions delà connaissance; ils n'en sont pas les causes ; les causes sont en nous et dans notre esprit.
Quand nous avons perçu, pour parler la langue de notre auteur, les qualités secondaires et primaires, la connaissance sensible est commencée, elle n'est point achevée ; il faut rapporter les qualités à leur sujet; ce sujet est la matière, la substance matérielle, le corps. Chap. lUi : « Je distingue dans une bille sa figure, sa couleur, son mouvement; mais sa figure n'est point elle, sa couleur n'est point elle, son mouvement n'est point elle: ni ces trois choses ensemble ne sont elle; elle est quelque chose qui a cette figure, cette couleur, ce mouvement. Voilà ce que la nature nous enseigne et ce que croit le genre humain... ïl est absm'de de soutenir qu'il y a de l'étendue et rien d'étendu, du mouvement et rien qui soit mû... C'est la nature qui nous enseigne que les choses immédiatement perçues sont des qualités et qu'elles doivent avoir un sujet. »
Mais qui nous fait ainsi passer des qualités à leur sujet? Ici il y a le même intervalle, le même abime qui sépare la sensation et sa cause ou son objet.
Sans le principe de causalité, nous ne serions jamais allés de la sensation à sa cause extérieure; de même nous n'irions jamais de la qualité au sujet, sans un principe du même genre, à savoir: le principe des substances. Ce principe est une loi de l'esprit humain, comme le principe de causalité: il ne se présente pas