Ibid., p
ô. Ibid.
core une fois, une connaissance plus sublime n'est pas seulement au-dessus de l'esprit de l'homme, elle est au- dessus de Dieu même ; car la substance matérielle en soi est une absurdité, une contradiction, une chimère, un pur néant.
Le principe de la substance, mêlé à la perception, nous révèle la matière. Un autre principe, intervenant à la suite du premier, nous force de concevoir tout corps aperçu par les sens dans un lieu, ' dans un espace qui le renferme. 11 y a une intime correspondance entre l'idée de corps et celle d'espace. Reid a reconnu et signalé cette correspondance : « Si, dit-il *, nous ne percevons l'espace qu'à l'aide de la matière, d'un autre côté, nous ne percevons aucune des qualités primaires des corps que l'espace ne se présente comme un accessoire nécessaire de ces qualités; car il ne peut y avoir ni étendue, ni mouvement, ni figure, ni division, ni cohésion de parties , s'il n'y a d'espace. »
Si ce ne sont pas les sens qui nous donnent l'idée de la matière, encore bien moins nous donnent-ils l'idée de l'espace. L'idée de la matière supposée, celle de l'espace est nécessaire, or il répugne qu'aucune vérité nécessaire soit due aux sens. Reid devrait le savoir, et il aurait dû le déclarer, lui qui fait remarquer fpie les sens ne peuvent rendre entièrement raison des vérités suivantes : qu'il est impossible que deux corps occupent à la fois le même lieu, ou qu'un corps soit en même temps dans des lieux différents, ou qu'un corps se meuve d'un lieu à un autre sans passer par les lieux intermédiaires, quelque ligne qu'il décrive. « Ce sont là, dit Reid 2, des vérités nécessaires, et pai' conséquent elles ne sont point données parles sens; car les sens ne témoignent que de ce qui est et non de ce qui doit être nécessairement. » A plus forte raison, la vérité nécessaire sui- laquelle reposent toutes ces vérités nécessaires aussi, à savoir que tout corps est dans un lieu, ne peut- elle être rapportée aux sens. Cependant Reid est é]uiv;)qiic en ce point.