‹ Philosophie écossaiseChapitre 98 sur 199 · Ibid., [\. (i · texte numérisé non relu

Ibid., [\. (i

mniÈME LEÇON. — REID 341

comme sur l'origine précise de ridée de la matière. « Deux de nos sens », dit-il, introduisent dans notre esprit la notion de l'espace : la vue et le toucher. » Cela veut dire seulement que les perceptions de la vue et du toucher sont les circonstances et les occasions où l'esprit acquiert l'idée d'espace; ce sont les conditions de cette idée ; mais les conditions de l'acquisition d'une idée ne doivent pas être confondues avec le principe même qui nous la donne; ce principe, c'est l'esprit lui-même.

D'ailleurs, il est impossible de mieux décrire l'espace que ne le fait Reid . Il en énumère tous les caractères ; il le connaît avec la dernière précision, il en parle comme Clarke et Newton. « 2 Quoique la notion de l'espace ne semble pouvoir s'introduire dans l'esprit qu'à la suite de celle du corps, dès qu'elle y a pénétré, elle en devient indépendante et demeure après que les objets qui l'ont introduite sont éloignés. Nous ne voyons point d'absurdité à supposer qu'un corps soit anéanti; il y en a à supposer que l'espace qui le contenait soit annihilé. L'espace s'allie si bien avec le vide ou l'absence de toutes choses, qu'il ne semble susceptible ni d'anéantissement ni de création. Non-seulement l'espace tient ferme dans notre esprit, même après l'anéantissement supposé de tous les objets qui l'ont fait concevoir, mais il y grandit jusqu'à l'immensité. Nous ne pouvons lui assigner aucune limite ni en étendue ni en durée. De là vient qu'il est appelé immense, éternel, immobile, indestructible. »

Voilà Reid, ce semble, assez dogmatique sur l'espace. Mais, après s'être avancé aussi loin, il recule brusquement, abandonne Clarke et Newton, et aboutit presque à la même incertitude que le philosophe de Kœnigsberg. En effet, après le passage que nous venons de citer, vient celui-ci : « 3 Quand nous considérons les parties circonscrites et figurées de l'espace, il n'cbt rien que nous

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