‹ Philosophie et drame [microform]Chapitre 7 sur 10 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Si maintenant nous rapprochons, dans une vue d'ensemble, les diverses idées que Wagner a voulu traduire en chacun de ses drames, nous en retirons de singulières clartés sur quelquesuns des points qui furent les plus controversés en l'étude de sa physionomie.

Nous voyons d'abord que Wagner ne fut jamais un pessimiste. Toutes ses œuvres se terminent sur une pensée d'espoir. Tristan et Parsi fal furent sans doute écrits dans une période où il se disait schopenhauérien. Mais il modifie, dans l'un et dans l'autre de ces deux drames, les théories du philosophe de telle sorte que le pessimisme en est radicalement écarté. Dans le pre-

mier, les amants rejettent l'existence parce qu'ils ont la croyance, la foi devrait-on dire, que leur bonheur, leur fusion au sein de l'amour trouvera son épanouissement dans l'au-delà. Dans le second, il est question très nettement de nier le désir, l'affirmation de la volonté. Mais cette négation ne signifie pas autre chose que la contrainte que chacun s'impose en vue du bonheur général, qui par là-méme doit fatalement se produire. Est-ce donc faire acte de pessimisme que de mépriser, de rejeter la forme habituelle de l'existence pour arriver à un bonheur certain : que ce bonheur soit dans l'au-delà comme dans Tristan, qu'il doive se produire sur cette terre, comme dans Parsifal? Quant à l'Anneau du Nibelung^ est-il besoin de rappeler qu'il n'est aucunement schopenhauérien (1), et que la fin volontaire de Wotan ne peut être qualifiée de pessimiste puisqu'il disparaît joyeusement, sachant

(1) Voir, sur ce point, l'intéressante étude de M. William AshtoQ Ellis dans la Fortnighlly Revieto de mars 1899. — Voir aussi le remarquable vol. IV de sa Life of Wagner, London Kegan Paul. 1904.

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