‹ Philosophie et drame [microform]Chapitre 8 sur 10 · CONCLUSION Î · texte numérisé non relu

CONCLUSION Î

que l'humanité nouvelle, heureuse et libre de contraintes, est enfin prête à s'épanouir? — Nous remarquons, ici, ce fait très significatif que dans Tristan seul, Wagner place le bonheur de l'humanité en dehors de ce monde. (Tannhœuser ne fait pas exception à cette règle, car le sujet du poème est beaucoup moins le fait de la rédemption du pécheur que l'exposé de cette idée que la miséricorde de Dieu est sans limites. Dans le Vaisseau-Fantôme, pareillement, il n'y a pas de conclusion bien précise à tirer sur l'existence d'après la mort. L'auteur n'a eu pour véritable objectif que de décrire le dévouement de Senta.) Or, ce qui, dans la Tétralogie, paraissait tout simple, étant données les opinions naturalistes du poète à ce moment, est beaucoup plus extraordinaire dans Parsifal. Gela montre la profondeur de son optimisme, de sa foi aux heureuses destinées de la race humaine, puisque au cours de ce sujet aux apparences chrétiennes, il supprime toute vie de béatitude après ce monde, et place, au contraire, sur cette terre la réalisation du

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bonheur, — quand raffîrmalion du désir sera, enfin, supprimée.

Cette dernière conception nous éclaire très complètement sur l'attitude de Wagner à l'égard du christianisme. Cette attitude n'a pas varié : elle fut, pourrait-on dire, constamment la même. D'un côté, il place le Christ qu'il admire toujours : cette admiration se montre aussi bien dans les dernières lignes de l'Art et la Révolution, que dans les plus belles pages de Parsifal. De l'autre, il place l'Église, ou les Églises : et à tous moments il s'en montra l'adversaire, sinon éclairé, du moins fort déclaré. Cette tendance se remarque déjà dans Tannhœuser, ainsi que notre analyse le fait ressortir. Elle s'accuse avec plus de violence que de bonheur dans les pages, hélas ! bien incompréhensives, de l'Art et la Révolution. Elle s'expose tout au long des derniers écrits et ressort implicitement de la manière si peu « chrétienne » d'entendre dans Parsifal la personnalité du Sauveur. Ne trouve-t-on pas aussi dans les pensées détachées de la dernière période de

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