SUR LA MUSIQUE GRECQUE
Une plaine occupée jadis par des maraîchers, livrée en 1870 aux élèves de l'Ecole militaire, témoin en 1788 de la première expérience aérostatique ; une plaine qui vit en 1790 la fameuse Fédération du i^ Juillet, en l'an VII la première Exposition de l'industrie française, où fut célébrée, le 10 nivôse, l'abolition de l'esclavage, où se fit, en 1804, après le couronnement de Napoléon, la distribution des aigles, le Ghamp-de-Mars, puisqu'il Jaut V appeler par son nom^ le vieux Champ-de-Mars où passèrent, où paradèrent tant de légions qui semblaient invincibles, fut tout surpris, un matin, de ne plus entendre retentir dans son enceinte le chant des clairons et le roulement des tambours, de ne plus sentir piétiner dans son sable mouvant les chevaux ensanglantés par l'éperon, les soldats obéissant au commandement. Un palais colossal s'élevait à l'endroit même où manœuvraient, la veille encore, des hommes destinés à tuer leurs frères ou à se faire tuer ; des milliers d'ouvriers travaillaient joyeusement à ce monument féerique dans lequel allaient s'entasser des richesses incalculables et s'épanouir, sous d'innombrables formes, la pensée des nations; où les nations mêmes, heureuses et fières de se connaître, fraterniseraient et se donneraient la main.
Nous étions en 1867 ; une ère nouvelle paraissait s'ouvrir pour les peuples qui se disposaient à glorifier
dignement le travail et à communier sous ces deux espèces : la Science, l'Art.
A cette époque tous les esprits, surtout en France, étaient tournés vers cet idéal : la fraternité universelle. Déjà M. de Girardin avait proposé au gouvernement français et à l'Europe un désarmement général.
M. de Girardin ne se trompait point.
C'est alors que j'écrivis cette ode :