‹ Philosophie et philosophes [microform]Chapitre 17 sur 19 · I'II1I.0J0I'IIIE ET l'IlILOSOPIIK · texte numérisé non relu

I'II1I.0J0I'IIIE ET l'IlILOSOPIIK

ce sol poétique son sceplre lourd et défiant, le père

d Ozanam revint demander à ia France une meilleure

patrie, et vingt années de séjour à Lyon Iv rattachèrent

de nouveau en attendant que la mort l'y naturalisât pour

jamais.

« Frédéric Ozanam était né de ce père dans le temps de 1 exil, le 23 août 1813. Sa mère. Marie Nantas, fille d un honorable négociant de Lyon, avait aussi connu dans son enfance les chemins de létranfrer. Le flot de Fémigration l'avait portée en Suisse, au bourg dtchallens, à moitié l'oule de Lausanne et d-Yvor.lun, entre ces deux beaux lacs de Cenéve et de iXeuchàlel. Cinquante ans après. Frédéric y retrouvait les traces ,1e sa mère et déposait dans une note touchante l'impression qu'il' avait reçue de cette pieuse rencontre.... 11 eut pour sa mère vivante un culte qu'il lui conserva toujours, et jai remarqué dans ses lettres qu'il en parlait sans eJsse avec une tendre admiration. Quand il leut perdue sa douleur fut extrême : mais, le premier déihiremeni passe. Il se fit en lui un phénomène, qu'il appelle quelque part la coninclion de ta présence réelle de sa mère 11 lui semblait qu'elle le suivait encore, qu'elle l'inspirait qu elle le récompensait, comme au temps de son enfance, par des caresses sensibles. »

Ce culte persistant fut un des soutiens de sa vie rcligreuse et morale. Sa mère fut pour lui l'ange familier du bon conseil et l'inspiratrice secrète de son cœur Toute sa vie, il resta quelque chose de cette impression' dans la manière dont il jugeait et parlait des femmes. Cette ame pure gardait à leur égard une sorte de sentiment chevaleresque et de respect attendri. Il avait une horreur toute particulière pour ces conversations légères ou ces libres écrits qui profanent l'idée de ce sexe et avilissent l'amour. A peine pouvait-il souffrir même la

KBÉDÉmC OliXKU. --■,

nueinii'ê'f '■'''"';/'"'''''' '"'' ""'°''^"«'' ''«^ faiblesses de quelque femme illustre qu'il aurait voulue irréprochable Je me rappelle son embarras charmant à propos des 7ll s.ons discrètes de Bossuet, dans l'oraison funèbrd a

■«Ile. ,u,>s. loin que la grave pensée du piètre. A l.nlluencedesamère, qui remontait aux premiers

londe ciait venue s'ajouter, dans ces années de crise q... séparent l'adolescence de la jeunesse et qui prépain: ,;' ,r?;T"\ '" ^'"- " «^"" '-contré darsTn "•••"fie de philosophie au collège de Lvon, un prêtre sava..t. auquel sa foi éclairée et sa forte ra son don, i™t «ne autorité exceptionnelle sur toutes les gêné t^s J élevés qui traversaient sa classe. M. l'abbé S. H" I. <.ous,n proclama un jour le premier professeur de la Hance, s emparait des esprits avec une grande force Nous avons connu un certain nombre d'flèves qu il " formes, et presque tous, dans la variété de leur intelligence gardaient l'ineffaçable empreinte du maître, je eux dire un esprit philosophique très exercé et rompu a a dialectique, s'unissant à un goût vif pour les vérités religieuses. Ozanam ne fit donc que confirmer par le raisonnement, dans la société de ce prêtre mod'este, Jui

n Tion'l-éir"" ''T.? P'"'"^""'"' '"''""^"«' ««" '"'•'•nation religieuse, déjà forte des traditions et des exemples

g n, faisait le plus grand fond sur le jeune Ozanam, et

i' n '!f.""f' """f ':■»''■«'• 1"'i' Wtencore, dansunesorte d ntin ite philosophique. Les jours de congé, on allait faire de longues promenades sur les rives pittoresques de laSaône et ces promenades, dont Ozanam se souvenait avec enchantement, étaient l'occasion naturelle de graves entretiens, où la sagesse sereine du maitre se répandait

[MMF.OSni'IIIE ET IMIILOSOPIIES.

S(ms foniio (riii(«M'rog;i'ion.s hahilt's, et faisîut (Vluro la pensée dans ces jeunes ànies, impatientes de la vérité. — L'enseignement de M. Noirot était admirablement placé à Lyon. Il y a, dans celte cité vraiment noble, connnc un fonds naturel de piété Iradilionnelle et un catholicisme» de race. Tous les hommes distingués que cette ville a produits, en dehors de la f)olilique exaltée, ont une tendance inconteslahle vers les idées et les sentiments religieux. Il est à peine besoin de citer des noms propres: au conunencement du siècle, le doux et mystique Ballanche, l'illustre Ampère; de nos jours, un artiste original, M. Janmot, qui n'a rien moins entrepris que de représenter, dans une série de tableaux sérieusement étudiés, les phases diverses de l'épopée del'àme, et un poète, BL de Laprade, dont le vers spiritualiste semble être un défi au siècle; tous ces noms, auxquels nous pourrions aisément en ajouter d'autres, si certaines convenances ne nous l'interdisaient, ju'ouvent assez la [KMsislaiice de ce que je pourrais appeler ïécote hjonuahe à travers des lemps aussi troublés que les nôtres, L'école dure, en dépit des épreuves, et cha(pie jour des recrues nouvelles lui arrivent comme pour remplacer les vaillants soldats tombés sous le feu de la vie. Ozanam a[)parlenait entièrement à ce mouvement d'idées catholiiiues, et il contribua beaucoup, pour sa part, à l'entretenir et à l'étendre dans celte ville, qui était pour lui sa véritable patrie, sinon de naissanc<\ du moins de choix, de famille et d'intelligence.

(]ette double influence de la famille et d'un maître Yénéré fut décisive. D'ailleurs, jiour ceux qui ont connu Ozanam, il n'est pas douteux qu'il ait eu, au plus hai'l degré, le tempérament religieux; l'intelligence naturellement portée vers les grandes croyances qui ouvrent, du côté du ciel, des perspectives illimitées; la raison forte

riIKIM-IUC OZANAM. ,.jj

01 huml.lo à l« lois as.soz f,,,.,., ,„,ur porlor b ,,o,.,.-,'!l. dans ce ,,u elle a ,1e plus subli.nc. assez l,u,„b]c pô accepter e mystère; le cœur actairablcne... Z- T l-W.; de la,sser u„o ,1e ses faiblesses se Ira, Jo n,,^ o„ sopb.sn,e, ou de tirer dun vice secrè.e.uenl ca.ess une ouecfon contre la foi; enfin une volonté loyale dro" et en même temps perp,Uuellemenl déliante d'elle-mèn.o a..nant a se réfugier dans la grâce et à invoquer I.'s ^o rj d.v.n contre les lenlations et les su.-p.is s; ll.u ,2 d un enfant dans «ne grande àme !

La .•eligion en lui n'avait rien dintoléranl ni de fas ue.a; elle s'alliait à une nu-rveilleuse douceu. di,' •donna une preuve sensible lorsque sorli du colletée a re par tous les instincts vers la grande vietÏC utile de Paris, ,1 accepta le joug que lui buposa la p,.,d«n,=e de sa famille et ,p,i le retint quelque len.p I s ornbre ,,eu lilléraire d'une étude d'avoïé. Il r 'ut ;d nne n,e..veilleuse compensation po„.. ces anné ;; '~ .-•d..es si le dévouement pouvait ja.n S " • A.r.^e enb„ a Pans, si.npie étudiant en droit des • es de reco,un,andation lui pe,.mi,.ent dabo,-de r . d" U.ateaubnand, qui lui fit un accueil plein d'engaJntes P-'omesses Cette visite au plus grand' écrivain "du "ï

îl"■:tT.n"^".^""""■'' ^^^ "^^ p'-^-"'--

ci. r nn, ' , "■■"''"■"' '""'"""'"^ "'"•'^'^ """'^ "»« ""«'ion cba„,anle. «beureuses ci.Tonslances do famille lui va-

.n..nt une autre bonne fortune. Il fut. pen.lantdeux ans, 1 bote et le co,nn,ensal de M. Ampè.-e, dont le (ils devai c nunner à 'égard d'Ozanam, par une sorte d'bérédù

a.mal le patronage. „ M. Ampè.-e, dit l'abbé Lacordairé (q... a toucbe avec ,n.e be,u-euse sagacité cette première epo<|ue d une vie pu,-e et pourtant inquiète), M. Ampère

la 1.0A.,lene..lu. avait envoyé; il conversait souvent avec

580 PlIlLOSOniIE ET l'IlILOSOniES.

lui, le prenait à part dans son cabinet et lui exposait sa philosophie des sciences; il le faisait même travailler sous ses yeux, et l'on a conservé des pages écrites à moitié par l'un et par l'autre. Ces entretiens amenaient dans l'Ame du savant, à propos des merveilles de la nature, des élans d'admiration pour leur auteur; quelquefois, mettant sa tète entre ses deux mains, il s'écriait tout transporté : « Que Dieu est grand! Ozanam, que Dieu est grandi » Cette cohabilatioîi dura deux années. C'étaient les premières (ju'Ozanam passait à Paris. Elles lui ouvrirent de plus larges horizons (|ue ceux où il avait vécu jusque-là, en lui donnant lieu de connaitie et d'entendre, dcms le salon de M. Anqiére, des hommes éminents. M. Didlanche, son compatriote, fut celui qui le touclia davantage.... Le lecteur se demandera sans doute ce que faisait entin ce précoce étudiant, si favorisé de la nature et de la Providence. II faisait ce que sa famille avait souhaité de lui. Fils obéissant, il portait sur les bancs de l'École de droit une intelligence docile et cependant rebelle, |)arceque tousses instincts l'entraînaient ailleurs, aux grands rivages de la poésie, de l'histoire, de l'érudition littéraire et philosophique. 11 lisait les anciens et les modernes, et, dans les intervalles perdus, jetait à son esprit, comme une distraction, la connaissance de l'italien, de l'espagnol, de l'anglais et de l'allemand. 11 y ajoutait quelque teinture aventurée de l'hébreu et du sanscrit. Des amis de son âge, presque tous issus de sa ville natale, commençaient aussi à l'entourer et à lui disputer ses heures. Mais les joies de l'amitié, ni celles de l'étude et celles de la religion ne parvenaient à le défendre d'une teinte de mélancolie, car, si riche qu'il fût par ses dons, il en avait le contre-poids dans une santé faible et dans une tendance à s'inquiéter de l'avenir. De plus, tout jeune encore, il sentait vivement les misères de son

FRÉDÉRIC OZAMSr.

siècle. S'il l'eût haï et méprisé, il eût m, H. .

Nous n'avons pas l'intonlion de suivra ,.1... i • menl le cours de ces années laborieuses et d"^^"'""une biographie. Nous voulions seûe.nent 1 "' T' ."flucnces diverses sous laction ïesq ï S""" '"' cet aimable et vigoureux e^n,.;. ., , ' '^"™"

I aïom i„,„ ,„„<,„, j, I ; "" "". nm

.;. ™ ci..™... „ pra,ni»,.jC«'.Tf 3:.Z;

Paris avec deux thèses l'une t f ' ''"'""' '^^

poêlas keroum ad '^^ J 2Lt^7T, "'"' "'^"*

grand succès d'érudition, de nouveauté lit éraL /" tique indépendante et de saeaciié ni n T"^''' •*« <"■>• aussi un véritable succès ^Zl^rc '' '"' . Ozanam venait de marquer sa pire7a ses :":" I ne tarda pas à la prendre. Après avoir céd un! E de sa vie aux instances de ses amis do i „„ "

de lui faire obtenir dans cet™ pri^T'T' •""'''"' ch.re de droit commercial. TreS ' pl ^ie" ^ paitdun concou.-s très brillant institué oar M T. pour le titre d'agrégé ù la Faculté drLt'::^ Le eon-

ri

ZSl IMIILOSOI'HIK ET nilLOSO!»|IES.

cours fui pour lui une occasion loule naturelle (ie développer son savoir précoce et de rares ressources d'esprit. On se souvient encore dune leçon sur les scolastiquesqui iit événement en Sorbonne. Ozanan» obtint le premier rang dans le concours, et, à la renhée de la Faculté, en 1840, il prenait la suppléance de M. Fauriel, et montait, à titre provisoire, dans celte cbaire qu'il avait maintenant à défendre et ù conquérir une seconde fois par le succès.

Le preniiei- usage qu'il lit île sa nouvelle fortune universitaire, ce fut d'en faire hommage à une jeune fille bien digne de son amour, el qui se montra plus tard à la hauteur de toutes les épreuves que la Providence tenait en réserve, comme elle se montra, dans les années heureuses, au niveau de cette intelligence et de ce cœur qui Tenaient de se donner à elle. Le P. Lacordaire semble regretter que ce doux piège n'ait pas été évité. 11 estime qu'Ozanam était encoïc bien jeune pour une félicité si ennemie des grandes muses : que, comme le prêtre, riioiiHue de lelhcs est consacié; qu'il est difficile, au milieu des joies domestiques, de conserver l'assiduité du travail et la liberté de l'intelligenre, et plus difficile encore de retenir ses besoins dans la modestie de ses ressources. — Un mol seulement sur cette délicate question. A (jui a connu Uzanam dans l'intimité, avec cette teinte d'inquiétude, cette timidité physique, celle facilité d'im|»ressions tantôt vives et gaies, tantôt tristes et découiagêes. et surtout à qui Fa connu dans les vicissitudes cruelles d'une santé si fragile et si précaire, il n'est pas douteux que le mariage ne fût pour lui à la fois un bonheur et un appui. Il avait besoin de retremper son Ame vaillante, mais servie par «les organes trop faibles, dans uneaflection forte et profonde (pii doublât, si je puis dire, en lui la vie el le sentiment de la vie. Il avait besoin

FUÉDÉUIÇ OZANAM. ^^.

à la fois de se dévouer à quelqu'un et que quelqu'un ^e dévoua pour lui. Pieux et croyant comme il étai " er vi..den.euetlacausedelavéritésumsaientsa^^^^

pot s delà lam,IIe Vinrent se joindre à l'obligation générale qu. pesé sur la destinée de chacun, il semble que ses fo..es .ses talents n.én.e en furent doublé sAv quelle in ell.gente activité il sembla multiplier le temps avec quel courage il disputa à la mort l's restes dTe sane nnnéeet d'une énergie minée par la sou fr 'ne" l^P^enc. de sa fenm.e et d'une channante entant qu^l adoia.t cdevaient au plus haut degré sa force mo'ale L^ eau. tra.u,x qui remplirent les dernières anné^

leurs, dans ces heures qui n'étaient plus que le nrolon

gej^nl artificiel dune vie irrémédiabien.entcoX^^ I ne les eut pas arconqdis sans doute, si l'idée de 1 famille n'eut fait de lui vraiment un héros 1 vou,ai l.x>teger sa nunille orpheline p^ œuu, .. l),ou n a ,.as pernus que son espoir fût trompé.

de^8W n";"'"''' '"'• ''' -éneuients. Ozanan 'eut ae 8H a IHù cinq années pleinement heureuses Des Hudes remarquées n'étaient que l'intervalle et le l'epos

année. Ln ISii, , ,, ,„„, j, ^j ^,

a 1 unannn.le sa succession, et à trente^leux ans, apré

quatre années dune suppléance fort applaudie, il se

rr; ; "" '""^ ^•'"'" '^^ -^--^-n^ 'c'-t.à.dire du poste le plus emment de FFniversité militante. Ce grand honneur, dont lui seul sétonna, ,ie le pi-it pourtant pas au dépourvu. Il avait amassé d'imiuenses matéiiauv, d'où - .ra un coms excellent avant d'en tiier d'excellents inR>. Nous relrouveions tout à l'heure ses idées sous fonne d ouvrages, el ce scia le lieu d'en juger. Nous vou-

PHILOSOPHIE ET 1M1ILOSOI»JIES.

drions ici diiv quolqiu's mots de Forateur. Ce qui iHait nouveau à la Sorbonne, quand il y entra, ce n'était pas l'éloquence (ces vieilles voûtes y étaient habituées), c'était le genre de son éloquence. Avant lui, autour de lui, d'illustres maîtres avaient obtenu de grands et légitimes succès de parole. Mais chacun d'eux y avait apporté sa nianièie et le tour naturel de son esprit, soit une rare fermeté de vues et une grandeui* simple tlans la déduction des faits généralisés, soit une vive souplesse d'intelligence et l'art d'éclairer la critique par la multiplicité des rapprochements et des points de vue, ou bien encore l'élévation, l'ampleur oratoire au service des grandes spéculations philosophiques, ou enfin l'agilité lumineuse d'une pensée fine, jointe à l'ironie légère du bon sens. Rien de semblable dans Ozanam. Son éloquence était laborieuse et inégale, mais souvent pleine d'éclat et de feu. Nous avons parlé ailleurs des efforts qui signalaient le début hésitant de sa parole. Chose étrange! 11 avait consacré toute une semaine de religieux travail à l'assembler les preuves et les documents, à en ordonner la lumineuse économie, à féconder sa pensée par la méditation intérieure, à manier, si je puis dire, dans tous les sens, l'idée savante ou profonde qui devait être le centre vivant de sa leçon, et l'heure venue, il tremblait comme un enfîuit. Il arrivait à la Sorbonne avec de véritables angoisses. H montait à sa chaire, pale et miné par le travail fiévreux de l'idée. Un puissant effort de. volonté pouvait seul, chaque fois, le poussera paraître en public. Il commençait d'une voix sourde et concentrée; sa physionomie était immobile, son regard lourd, ses yeux fermés; on eût dit qu'il craignait de voir en ù\ce. ce terrible auditoire, qui pourtant l'adorait. On souffrait de le voir souffrir ainsi. C'était la sensation pénible de quelques minutes; mais ces minutes, en proie à la gène, sem-

H«ÉD£KI(: OZANAM. -j^.

blaient durer des siècles. Une fois que les diffimb^c V préamb,,e , trient surmontées et ue le ^ll^^^t jetait dans le plein courant de son idée c'S ,n f ? autre homme; la parole s'accentuait h Ih "^

s'éclairait de la lumLe intéri^r Te ;ega^ J^^^^^^^ parlait aussi, tout s'animait à la We : 7^^^^^ sait a phrase, l'image se pressait, harmonfeuse et rSe sur les lèvres de l'orateur; l'éloquence abondai vITS pressée; une métamorphose était accomplie briaue e osedehard. et de nouveau, d'origina/et de ^fî hbreet d impétueux, saisissait l'attention de lauJL" Cette attention une fok saisie, le professeur ne la ^ P us reprendre, .1 la captivait par des récits naî ru-

chants d 1 étonnait par les réflexions profondes et f rtes Jl la retenait par mille traits éblouissants et var es la leçon inaugurée par l'embarras de l'orateur et l'inéWta ble froideur de l'auditoire, qui demande à être « s achevait inévitablement aussi par un triomph ! ' omine on la dit si bien avant nous, tout palpita^rd'un' bonheur acheté par huit jours de travail et pa une heure de verve, il retournait chez lui retrouver hJne

Ttetlo^ "''^" '' ^^"^ '''''-' '' ^'^-~"^^^^ Ce n'est pas que le genre d'éloquence d'Ozanam fui à labri de tout reproche. Nous avons entendu dp^ d'un goût fin blâmer plus d'une fois n Î '^^^^^^ ".âges la splendeur trop préparée de Vel'ue7er^^^^^ I abus du trait. On disait qu'il n'était pas assezdifS dans le choix des ornements ; on disait surtout qi^l n'en était pas assez sobre. L'imagination égarait na IL goût et le faisait succomber' à la i:S^^^Z yrisme. Tout cela est vrai dans une certaine mesure nais U ne faut pas oublier, comme circonstanc~é ' -antes, que la parole improvisée a des libertér intl;.

:.s(î iMiiiosoniiK et i iiilosopiies.

dilcs au style en il, el quo. d'ailleurs, ces défauls êlnieiil moins de rhouuiie que de l'époque. Ozanaui avait vécu dans les plus belles années du romantisme, et bien que, jeune encore, il se fût soigneusement préservé des excès de Técole, il en avait respiré ralmospbère; c'était assez pour que l'influence occulte eut quelque peu pénétré dans son esprit. Ajoutons (jue cbaque année marquait un progrès dans sa manière, el que cette intelligence, capable au plus haut degré de se perfectionner elle-même, serait infailliblement arrivée à ce point unique où la juste mesure s'établit entre l'imagination et le goût, entre l'éclat et la sobriété. Le temps lui manqua peutêtre pour atteindre à ce tempérament heureux, d'où dépend la perfection dans l'art.

Si notre dessein avait pu être de tracer une esquisse complète, il nous resterait à parler des qualités charmantes de son àrae, de cette candeur élevée, de celte loyauté sévère et scrupuleuse qui faisaient de lui le type de l'honnête homme; de ses vertus aimables et souriantes qui rendaient la vie intérieure si heureuse et si facile autour de lui; de la jeunesse toujours fraîche de ses sensations, de la poétique ivresse qu'excitaient en lui un beau paysage, une belle rivière, la verdure des prés et des bois ; de sa tendresse de cœur, de cette affabilité qui ouvrait si généreusement la j>orte de son cabinet de travail, même aux jeunes gens inconnus, dont plusieurs venaient le consulter connue im apôtre laïque; enfin de cette inépuisable charité qui fut peut-être le caractère dominant de sa vie et dont ses biographes nous ont conservé des preuves bien touchantes. Cette charité .una sa légende, elle a déjà son histoire, elle a fondé une institution florissante qu'il suffit de nommer pour faire apprécier ce que peuvent répandre de Ijonnes œuvres dans le monde la pensée et la volonté d'un seul honnne, la m^

inÉDÉniC OZAN.VM.

ciélé de Saint. Vincent de l'aul, c,uil institua avec ),u7t e nos ,ens dans sa n.ansarde dc.udian., au mois de "1." 18o^. et q„, aujourd'hui couvre l'Europe. Nous aurions aussi aimé à faire voir H-.,c, I . ' ""» JU sa sinri-ii I- ,.- 1 '""'•' ^^ noblesse el sa sincei.te, I attitude politique qu'il sut prendre, en ces

f'i '•""■"''l"'''* violemment novateurs ; double vio-

les Vjrr"'" ^:»«"""""" «' •»- P---^ '«>i "ans les ^ nés. Il croyait energiq.iei.ient au progrès, mais au pro-

g- pnr le christianisme; il esliinail que l'Évangile ïïnre. .■ment c-onsullé. confient tous les germes de^ pr;. "s

gUnnes des améliorations sociales et d'un raisoiin^b e avenir qui ne serait ni l'âge de fer d'un moven âge re suscite, m l'âge d'or des utopies. " ^

Je ne veux plus marquer qu'un dernier trait, le trait suprême qui est coniine la consécration de celle noble

^son ^v"" ;■'"" '•■' '''"''"'"'' '"'"'' "' '« dévouement a son <levoir. I,n jour, au printemps de 1852. malade et

.'Weiiu au lit par une forte lièvre, il apprend que son

auditoire le réclame. Il se lève et court à la Sorhonne

""provise une inagnitique leçon qui fut sa dernière, et'

la termine par ces simples paroles : « Messieurs, on re-

K^Kie a notre siècle dé.re un siècle d'égolsme, et l'on

.■s prolesseurs atteints de l'épidémie générale. i:e-

p. iulai.1, c est ICI que nous altérons nos santés, c'est ici

que nous usons nos forces; je ne m'en plains pas : noire

vie vous .appartient, nous vous la devons jusqu'au dernier

souflle, el vous 1 aurez. Quant à moi, messieurs, si je

ii.eurs, ce sera â votre service. ,. Il quitta sa chaire et

«•.■l.>."ba niouran. dans ce lit q„i fut presque pour lui le

.Hunebre puisqu'il ne s'en releva que pour aller, sous

cl . u ires climats, et déjà frappé à mort, chercher un

•soleil qui ne put ranimer dans ses veines la vie glacée

- Mourir amsi. n'est-ce pas mourir comme le soldat sur

S8K IMIILOSOPIUE ET l'HILOSOPilES.

la brèche? Et la blessure du fer est-elle aussi cruelle que cette blessure de la parole publique dans une poitrine mourante?

Il y a dans Bossuet un mot charmant, par lequel il loue la duchesse d'Orléans : « Elle fut douce envers la mort ». Par je ne sais quel pressentiment, ce mot avait profondément touché Ozanam, et il ne le commentait qu'avec des larmes. Lui aussi fut doux envers la mort. Il la sentait venir dans la pleine malurilê de l'âge, au moment où il allait recueillir, dans la gloire qui commençait et dans une grande situation littéraire qui se préparait pour lui, les fructueuses promesses de sa destinée. La vie le fuyait, connue un vin généreux qui s'échappe du cristal brisé. Des voyages, de tristes voyages aux Eaux-lîonnes, à Biarritz, en Espagne, d'oùil rapporta son Pèlerinage an pays du Cid, en Italie enfin, ne firent que tromper son agonie en la prolongeant C'est à Pise, le 25 avril 1855, qu'il écrivit les lignes suivantes, que Ton citera toujours comme lexpression sublime et navrante de cette sainte âme, déchirée et résignée : « J'ai dit au milieu de mes jours : J'irai aux portes de la mort — C'est le commencement du cantique d'Ézéchiasje ne sais si Dieu permettra que je puisse m'en appliquer la fin. Je sais que j'accomplis aujourd'hui ma quarantième année, plus que la moitié du chemin ordinaire de la vie. Je sais que j'ai une femme jeune et bien-aimée, uue charmante enfant, d'excellents frères, une seconde mère, beaucoup d'amis, une carrière honorabh', des travaux conduits précisément au point où ils pouvaient servir de fondement à un ouvrage longtemps rêvé. Voilà cependant que je suis pris d'un mal grave, opiniâtre, et d'autant plus dangereux qu'il cache probablement un épuisement complet. Faut-il donc quitter tous ces biens que vous-même, mon Dieu, m'aviez donnés? Ne voulez-

VOUS point, Seigneur, vous contenterd'une partie du sacri-

^^f^^^"""-'] ^"^^'^ ----lede mesaffections dtrtglees? N accepterez-vous point l'holocauste de mon amour-propre httéraire, de mes ambitions académiques ^ e mes projets mêmes d'études, où se mêlait peuM U^ P us d orgueil que de zèle pour la vérité? Si je vindais la . 0 t.e de mes livres pour en donner le prix aux pau- Mts, et SI, me bornant à remplir les devoirs de mon ernp 01, je consacrais le reste de ma vie à visiter les indigents, a instruire les apprentis et les soldats. Seigneur seriez. vous satisfait et me laisseriez-vous la douceur dJ

Z!n'l7^'i?t'^' ^mme et d'achever l'éducation de m n enfant/ Peut-être, mon Dieu, ne le voulez-vous H^nt ^ous n acceptez point ces offrandes intéressées, >ous lejetez mon holocauste et mon sacrifice : c'est moi que vous demandez : Il est écrit au commencement du

SeinZr^' '"'"" ''^'"^'* '^ •^''^' '^'^ '' ^" ''''''^

, » Je viens, si vous m'appelez, et je n'ai pas le droit de me plaindre. Vous avez donné quarante ai' de vie Tune créature qui est arrivée sur la terre, maladive, ftvie, destinée a mourir dix fois, si la tendresse et l'intel icônes |i un père et d'une mère ne l'avaient dix fois sauvé ! 0." es miens ne se scandalisent point si vous ne voulez pas faire aujourd'hui un mirade pour me guérir! Mon enl •;nce heureusement écoulée au milieu de tant de périls, n etait-elle pas un premier miracle? Il y a cinq ans, ne m avez-vous ,,as ran.ené de bien loin et ne m'avez-vous pas acccu-dé ce délai pour faire pénitence de mes péchés et pour dev-enir meilleur ? Ah ! toutes les prières qu'alors on vous adressa pour moi furent écoutées. Pourquoi celles qu on vous f-iit aujourd'hui, et en bien plus grand nombre, seraient-elles perdues? Mais peut-être. Seigneur vous les exaucerez d'une autre manière. Vous me don-

If

^'<* l'IlILOSOPlIIE KT l'Il.LOMKMIES.

lierez le courage de la rôsignaïiiui, la paix de l'àmc, et ces consolations inexprimables qui acconipagnenl votre prêsen.!e réelle. Vous me ferez trouver dans la maladie une source de mérites et de bénédictions, vous les ferez retomber sur ma femme, mon enfant, sur tous les miens, à qui mes travaux auront peul-êire moins servi que mes souffrances. «

N'y a-t-il pas, dans ce cri d'Ozanam mourant, comme une note émouvante et sacrée de la Prière de Pasc.d pour demander à Dieu le bon usage de la maladie? Tous les deux laissent éclater leur Ame si jeune et si pleine de vie dans ces pages, qui sont à la fois une prière et un adieu, une plainte étouffée par la résignation. C'est le lyrisme cbrétien avec toute sa grandeur et son charme. Je ne crains pas de dire rjue la dernière page d'Ozanam fut sa plus belle; elle touche à Pasr-al, avec un accent plus moderne et quelque chose de plus affeclmnix encore et de i»Ius allendri. C'était son testament littéraire et religieux; il fit l'autre presque en même temps, et, quelques mois après, il rendait à Dieu sa belle âme, en abordant sur la lerre française, qu'il put revoir encore. Est-il besmn de dire qu'il mourut comme meurent les sain(s'> — Personne peul-élre, de nos jours, n'a laissé derrièie lui plus de sympathies aftligées et de plus incons.dables regrets. Je ne parle pas de sa famille; de pareilles blessures ne peuvent même se sonder. Je |)arle duri nroiipe très nombreux de la jeunesse française dont il était l'idole et l'espérance. A la léte de ce groupe ardent et sincère sa place restera éternelliMnent vide.

FUKOÉRIC OZANAM.

« Je ne connais pas d'homme de cœur qui veuille mettre la main à ce dur métier d'écrire sans une conviction qui le domine. » Ce mot d'Ozanam le peint tout entier Le talent n'était qu'un moyen à ses yeux, et qui n'avait de valeur cpie par le but. C'était un artiste, pourtant, en fait de littérature et de style, et l'on se tromperait fort en confondant Oz^mam avec ces écrivains, très zélés pour la défense de la foi, mais qui se croient dispensés par leur zèle de toute obligation littéraire. Il avait au contraire le plus grand souci de la forme et attachait un soin et un prix infinis à la question d'art. Mais il estimait que la vente était le seul objet qui méritât tant d'efforts et de peines, tant d'études ingrates, tant de jours laborieux et de nuits passées sans sommeil. Dès sa première jeunesse, M s'était consacré à ce culte austère qui devait remplir sa' Vie. A peine Agé de quinze ans, on nous dit qu'il avait conçu la pensée d'un ouvrage qui devait s'appeler Démonslration de la vérité de la religion catholique par l'antiquité des croyances historiques, religieuses, morales. C était un titre naïvement ambitieux; mais il y avait là déjà quelque germe de l'œuvre future. Il se prépara, par des études très fortes et très variées, à ce rôle d'apologiste chrétien, qui, à notre époque, réclame les connaissances les |)lus diverses en histoire, en ethnographie, en linguistique, en géologie même, en philosophie. Deux ans avant sa mort, dans un avant-propos qui est un morceau achevé, il révélait hardiment son plan longtemps médité, et racontait par quelle progression d'idées il y avait été naturellement conduit : « La vie s'avance, Hisai»-il, il faut saisir le peu qui reste des rayons de la

S« l'HIlOSOPIlIE ET l'IlILOSOPIIES.

jeunesse. Il est lemps d écrire et de tenir à Dieu les promesses de mes dix-huit ans.... Laïque, je n'ai pas de mission pour traiter des points de théologie, et d'ailleurs Dieu, qui aime à se faire servir par des hommes éloquents en trouve assez de nos jours pour justifier ses dogmes! Mais pendant que les catholiques s'arrêtaient à la défense de la doctrine, les incroyants s'emparaient de l'histoire Is mettaient la main sur le moyen âge, ils jugeaient 1 Eglise quelquefois avec inimitié, quelquefois avec les respects dus à une grande ruine, souvent avec une légèreté qu'ils n'auraient pas portée dans des sujets profanes. H faut reconquérir ce domaine, qui est à nous, puisciue nous le trouvons défriché de la main de nos moines, de nos bénédictins, de nos bollandistes. Ces hommes pieuv na-

vaientpoinlcruleurviemal employéeàpâlirsur leschartes etleslegcndes.Plus îard,d'autresécrivainssonlvenusausM relever une à une et remettre en honneur les images profanées des grands papes, des docteurs et des saints "je tente une étude moins profonde, mais plus étendue- je veux montrer le bienfait du christianisme dans ces siècles mêmes dont on lui impute les malheurs.... J'ai résolu d écrire l'histoire des progrès à cette époque où Gibbon n aperçut que décadence, l'histoire de la civilisation aux temps barbares, l'histoire de la pensée échappant au naufrage de l'empire des lettres, enfin, traversant ces flots des invasions, comme les Hébreux passèrent la mer Kouge et sous la même conduite, forli tegente brachio Je ne connais rien de plus surnaturel, ni <,„i prouve mieux la divinité du christianisme que d'avoir sauvé lesprit humain, i

Il est dans la destinée de l'apologétique chrétienne de se renouveler souvent. Il faut que, tout en conservant 1 immuable identité de la doclrine. elle modifie de lemps à autre son plan de défense, selon que l'exige la stratégie

sure m.- .n! ^ '"suffisance et de stérilité. A me-

sure qu une science spéciale avance, les esmils I.os.m! ne manquent pas de tirer de chaq e proi^ d ' f science un argument nouveau contre h(!\l, se déplace plusieurs fois par siècle Tnlr' ! ,■'■""

rois c'est la critique des i^^vl^^ùZ^r"'

g n s et Tes d ' I '™'"' "" «'"'islianisme, les ori-

feints ti les développements de l'Eglise Ainnio, .-. i

U SCS molifs particuliers de douter, tirés soit des eondions nouvelles de la vie sociale, soit des espérances cot . fuses de 1 avenir. Il faut, sous peine d'ahdiq ler dëv nt des ennemis incessamment ro.iouvelés et une slralÏ p tl ■ ununl vanee, .1 faut que l'apologétique sache se plier •'. ' utes les exigences de l'attaque qui sLt en même tels s,g„es des temps nouveaux. C'est l'honneur d. S lanismede «être jamais resté désarmé en fac deset

ou Voltaire, Strauss ou Feuerbach. Ozanai.i circonsrrivh;

Zsur:r.,*d" 'r '"""" '- -^ ^--' 'ï-"

consu ees et dans la spécialité de ses études approfonàws 11 pnl a partie Ihistoire. dans une période Zr minee. la période de transition du monde an ien au monde moderne, se proposant de faire voir, prêu" s n

a avoii étouffe le développement légitime de l'humanité parce que ces, l'Eglise, au contraire, qui .auvaZt ci

r»oi

MirLOSOPIIIE ET PIIILOSOrHES.

qu'il y avait do Irgilime dans riiôiitage do la civilisalioii ancionno, lo coïKMTvanl par lo (ravail, lo piirifiaiif par la saintoU's le fôr.mdant par le génie, el le faisant passer dans nos mains [miuf qu'il s'y accroisse. Il reconnaît la décadence du monde antique sous la loi du pêclié, mais il entreprend de démontrer le progrès des lemps chrétiens. Telle est, marquée par lui-même avec une précision lumineuse, la forte silualion qu'il va occuper dans la science. Il veut reprendre aux mains de Cihhon et de ses disciples, qui l'ont dénaturée, l'histoire des premiers siècles de la société chrétienne, montrer que, sous le désordre de la surface, le [)rogrés agit, qu'une Providence secrète et bienfaisanle organis<' celte barbarie, et que la civilisation marche précisément à cette heure où les incroyants affirment qu'elle s'arrête ou qu'elle rétrograde. Voilà sa thèse, et je n'en sais pas qui soit plus intéressante et plus hardie. Voilà par où Ozanani a rempli un grand rôle dans l'apologétique chrélienne.

Son œuvre n'était pas seulement religieuse; elle était, aussi, patriotique et nationale. Il le marque expressément quelque part : « Toute la société française repose sur trois fondements : le christianisme, la civilisation romaine, el rétablissement des barbares. Ce sont les trois sujets d'étude auxquels il ne faut passe lasser de revenir dès qu'on veut s'explifpiei" le droit public du pays, ses mœurs, sa littérature. » Ccfle double ambition, servir la religion, servii- son pays par la science, fut celle de toute sa vie. Il eut ces deux grandes passions, les plus grandes à coup sur ((ui puissent faire battre le cœur humain et donner du prix à l'existence, le patriotisme et l'amour de la vérité qui jmur lui ne se séparaient pas de la foi.

A mesure qu'il avançait dans l'étude de son sujet, il en admirait davantage la grandeur, et sou exaltation croissiinle aimait à faire hommage à Dieu même de l'idée qui

'"•; ^''vait mis la plume à la main. II n'était pas loin H. voir dans son œuvre connue une rnission spé" , " quelle t.ut s'était trouvé naturellement ' Zé San .e La P,.v.dence, selon lui, par des movL. im^ j " el riont .1 adunra.t l'économie, avait tout \lispose pour .-.rracher aux affaires et l'a.tacher au travail^d' s^ Le concours des circonstances l'avait fait étudier sulut la religion, le droit et les lettre, c'est '. Wi. i ch^s les plus nécessaires à son d^:;:»:^ ^ i\S

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itiHiiiie, jusqu a ces liasi inues sunerhp«

pa.- K-s-iuolles elle p.t possession de ia 4rm, I de

Handreeldes bordsd.. Rhin. E„fi„ ,„ honheur d. son

fo.ni's 1... ava,t pernns denlrc.enir de grands cl r't e^

i> lo.. tt d du res ,|ui. sans avoir la foi, les servaienl à lour .ns„ par la droi.ure el la solidité de leur scier ■ Je plmndra.s ceux .,ui seraieni lentes do sourire de celte ".g..-nu„e sH>cè.-e. De grandes a-nvres ne se font pas s' ns une grande foi dans une idée 11 f-dhif „„-à ^ ou criil snniin „ 1 • , ' 1" **2an«"' sentit

oTi t • nn " " """'''"^' ''''''' "" 1-inspiration OM. signe d une vocat.on spéciale, pour entreprendre

tout ■!' P '"•";""" "' "■'"" '■' ?»"•■•'•'- ''-c' api tout, la Providence n-agirail-elle pas. par des voies cl

:r r ""t- r '^ ""^^•">"'-. --".« uou "«„.

ons. ... certau,es heures privilégiées de la vie. nu-eHe aga^presaue sens.h.en,en. sur nos volontés et sur nos

Ce que nous avons dit de lidée générale et du pian de œnvre d Ozanam, suf/it à expliquer tout ce quil a é."-

y ,a|,,„he. ,\o„s n avons qu'à suivre, pour le mon-

^î>« riIILOSOPHIE ET niILOSOniES.

trer, les indicarions éparses dans les lettres ou les avantpropos d'Ozanam et lumineusement résumées dans la préface de M. Ampère. L'œuvre totale aurait porté ce titre caractéristique : Histoire de la Civilisation aux temps barbares. Elle devait réunir sous ce titre général des travaux très variés, tableaux liistori(|ues, études littéraires, recherches spéciales, monographies, mémoires, mais tous reliés entre eux par l'unité du sujet. Les deux volumes publiés par les éditeurs sous le titre de La Civilisation au cinquième siècle, formaient l'introduction naturelle de ce vaste ouvrage. C'est le tableau, esquissé à grands traits, de l'état du monde lomain transformé par le christianisme, au moment où vont se dessiner les groupes principaux et les familles diverses des peuples, d'où sortiront les nationalités modernes. Il devait exposer ensuite dans le détail l'entrée des barbares dans la société catholique, la longue éducation que l'Kglise donne à ces différents peuples, la naissance des nationalités, des idiomes et des littératures, dont il voyait déjà poindre des synq)tômes au cinquième siècle, et les prodigieux travaux de ces grands instituteurs des peuples, connue lîoëce, comme Isidore de Séville, connue Bède, saint Boniface, qui ne permirent pas à la nuit de se faire et se passèrent de main en main le flambeau jusqu'à Charlemagne. De cette vaste partie de l'œuvre il est resté un excellent ouviage, hs Études germaniques, auxquelles l'Académie des inscriptions décerna deux fois le premier prix de la fondation Gobcrt. Ozanam se proposait ensuite d'étudier l'œuvre réparatrice de Charlemagne, de montrer que les lettres, qui n'avaient pas péri avant lui, ne s'éteignirent pas après, de faire voir tout ce qui se fit de grand en Angleterre au temps d'Alfred, en Allemagne sous les Otton, et d'arriver ainsi à Grégoire VU et aux croisades. « Alors, s'écrie-t-il dans l'enivrement de sa pensée, alors j'aurais les trois

FRÉDÉRIC (JZANAM. -9-

plus glorieux siècles du moyen âge, les théologiens

Albert le Grand, samt Thomas, saint Bonaventure, le legisMeurs de l'Eglise et de l'État, Grégoire VII, Aie aÏ

Louis, Alphonse \; foute la querelle du sacerdoce et de lernpiro, les connnunes, les républiques italiennes le chroniqueurs et les historiens, les uîmersités et la l ~ce du droit; j'aurais tou^^ lesque, patrimoine commun de l'Europe latine et audessous, toutes ces traditions épiques particulier s à chaque peuple et qui sont le commencement des 1 L tures nationales; j'assisterais à la formation des langues

Comedw, le plus grand monument de cette période oui en est comme l'abrégé, et qui en Çait la gloire. , l)elv ouvrages seulement correspondent à cette dernière par^e du plan gigantesque que s'était tracé l'infatigable trava.n..ir; ce sont les Poètes franciscains et oLe ou la t h lojophie catholique au treizième siècle. Tout le reste est demeuré à l'état d'idée pure, ou sous la f rme et bryonnaire de documents, de matériaux et de frac^menrs parmi lesquels on remarque deux discours d'ouverture I un sur le poème des mebelungen, lautre sur les ÏI .'

su, les Sources poétiques de la Divine Comédie, un savant ineinoire sur es Écoles et l instruction publique en Ua^ aux temps barbares, et une quantité considérable de notes 1res intéressantes où l'on retrouve les éléments de plusieurs cours professés par lui sur les origines de la littératui. a sur l'ancienne poésie germanique ur

histoire intellectuelle de l'Angleterre à partir dû sixième siècle, sur la période carlovingienne en Italie sur le livre célèbre de Pierre Lombard, fa philosophie dé

3tm

HIILOSOPIIIK ET f'IirLOSOI'IIFS.

saint Ansolino et la thôoloî^ie scolastiquo. Il avail inème abordé l'Espagne par le liumanrcm,oi il a donné dans le Pèlerinage an paya du Cid nne nianpK» de ce cpi'il auiait fail un jour en IraiJanlde Tliisloire et des légendes de la poésie espagnole. Toutes ces noies avaient été ou devaient être des cours avant d'élredes livres. Ozanain nous révèle Iui-niéin(^ qu'il en aurait fait l'oljjet de son enseignement au moins pendant dix ans, si Dieu lui avait pnMé^ie; ses leçons sténographiées amaient formé la première rédaction du volume qu'il devait publier, en les remaniant, à la fin de chaque année. Il espérait <|ue celte façon de travailler donnerait à ses écrits un peu de cette chaleur que le professeur trouve cpjelquefois dans sa chaire et qui abandonne hop scmvent l'écrivain dans son cabinet. — Et maintenant tout est là, suspendu, inachevé. M. Aml)ère a trouvé une juste et naturelle image pour rendre celle impression navrante de l'œuvre interrompue. En parcourant, dit-il, ce vaste ensemble de notes, de leçons, d'écrits, on croit parcourir l'atelier d'un sculpteur qui aurait disparu jeune encore, et qui aurait laissé beaucoup d'ouvrages arrivés à un inégal degré de [>erfection. Il y a là des statues terminées et polies avec une extrême dilig«Mice : il «mi est qui ne sont qu'ébauchées ou dégrossies à peine, mais toutes portent remj)reinte de la même âme et la mar(|ue de la même main.

Nous nous sommes appliqué à manpier, le plus exactement possible, l'oi'igine, le développement, et dans ses phases diverses, l'exécution de la grande idée histoiique à laquelle Ozanam avait voué sa vie. Certes, il v a de h> foirr d'esprit dans la coiue[)tion d'une pareille "idée; il y a surtout bien de la force de volonté dans cette tentative de réalisation que le temps seul a trahie, et dont Ozanam ne s'est j»as laissé distraire un seul instant, hormis les Ikmiivk d«> crises où il sentait qu'il devnil sa

FHÉDÉRIC. OZANAM. -93

plume, comme on doit son fusil, à la société en péril et que le travad s^ditaire du cabinet serait devenu pqu de lego.sme. Sauf ces distractions nécessaires Tui n étaient que le strict accon.plissenumt d'un de r' Oza nam ne détourna pas de son grand projet une e ^ L" ounu^s que lui laissait la maladie' Depuis sa p"mi t

1^ le ndel e; chose rare à une époque connue la nôtre ou les meilleures mtelligences, emportées par leur nlbi' e a travers les sujets les plus divers, co'urent d'éS." thés en ébauches, commençant tout, n'achevant rien

s::rTi:v;e'''f^'^'^^'^" '^ ^^--'^ - ^^

Jien poui 1 œuM^e senouse. et sacri/iant à la Ivrannie dP

ce mot et de cette idée barbare. VactualUé, les sZjes

e eur ospnt et la fortune de leur avenir. Il s eî 1"

qu Ozanam, en sacrifiant son existence tout entière à me

aes taiculi,. Il a laisse des œuvres durables, fortemenl , medueeset se soutenant merveilleusement en r

ces l-vVer et r" ''"'"'' "" "'"^ "''«^ «ï-'^ues-uns de ces l.vres, et fa.ro pénétrer le lecteur dans linlimité

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