Fragments philosophiques, èiiilioii de 1826. Appendice
THÉODORE JOUFFROY
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voileti i' h'"1 J'"'''^ '^ ^"'■•■'■^ 'le décembre où Je
' •t>"t5iemps après I heure du sommeil,
favais coutume de nie [ironiener; je vois encore relie lune à demi voilée par les nuages qui en êclaiiait p;ir intervalles les froids carreaux. L(»s li(»ures de la nuit s'écoulaient, et je ne m'en apercevais pas; je suivais avec anxiété ma pensée, qui de couche en couche descendait vers le fond de ma conscience, et, dissipant l'une après l'autre toutes les illusions qui m'en avaient jusque-là dérobé la vue, m'en rendait de moment en moment les détours plus visibles. Kri vain je mallacliais à ces eiuyances dernières comme un naufragé aux débris de son navire; en vain, épuuvanlé du vide inconnu dans lequel j'allais Holter, je inv rejetais [tour la dernièri» l'ois avee elles vers mon enHince, ma famille, mon pays, loutceipii m'était eher et sacré; Tinflexible couiant de ma pensée était plus fort : paients, famille, souveniis, crovances, il m'obligeait à tout laisser; l'examen se poursuivait plus obstiné et plus sévère à mesure qu'il approchait du terme, et il ne s'arrêta que quand il l'eut atteint. Je sus alors qu'au fond de moi-même il n'y avait [dus rien qui fi'it delxuit. — Ce moment fut affreux, et ([uand, vers le malin, je me jetai épuisé sur mon lit, il me sendda sentir ma première vie, si riante et si pleine, s'éteindre, et derrière moi s'en ouvrir une antre sond)re et dépeuplée, où désormais jall.iis viviv seul, seul avec ma fatah' |)ensée qui venait de m'y exiler, et que j'étais tenté de maudire*. »
N'y a-t-il pas dans ces lignes liéres et déscdées quebfue chose de l'inspiration d'où sont sorties les Médilalionsl Oui. dans cette |)aged'un accent presque lyricpie, Vl.Joulfroy a écrit, lui aussi, sa méditation, (pii n'est intérieure à aucune autre, et (]ui marque bien, même dans la [»einture du doute, l'esprit sérieux du siècle. Au fond et