‹ Philosophie et philosophes [microform]Chapitre 9 sur 19 · E I». GRATIIY · texte numérisé non relu

E I». GRATIIY

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turc toute spéciale et que la portée en est immen.se. .^lais ce qui est moins scienlilique, à mon sens, c'est le mélange de ces deux degrés de l'intelligible dans la philosophie. D'après l'exemple de IJossuel lui-même dans son Traité de la cauuahmnce (Je Dieu et de soi-même, j'estime (pn^ la conscience et la raison sont les seuls procédés de la science philos(q)hique et qu'ils lui suffisent. Je dois suivre sans doute la raison jusqu'au Ixmt <le ses lumières et de sa force, et peut-être me mènerat-elle à la loi. Mais à ce terme la philosophie s'arréle. Si elle fait un pas de plus, si elle entre dans la région du siu'naturel. sortie de ses liuïites, elle n'est plus elle-même. Klle s'absorbe et se transionne dans la science révélée, comme ces giands lleines (jui vont perdre au sein de rt>céan leur vie propre et leur nom. Ou'on le remarque bien, car je désire fixer nettement la nuance de ma pensée sui' ce point délicat : je suis l)ien loin de piononcer le divorce radical entre la science divine et la science humaine, comme le fait le rationalisme séparé, en leur interdisaid ii priori de si^ rencontrer jamais. Bien au coniraire, je ciois «pie l'une, sincèrement appliquée jus- (ju'au bout, peut et doit conduire à l'autre. Mais je maintuMîs leur distincti(»n réciproque et leur indépendance absolue jusqu'au point de rencontre.

C'est une merveilleuse alliance, me dit le P. Gratrv, que cette alliance immédiate et actuelle des deux Imniéres. Oui, sans doute, elle n'est même que trop belle; cardans l'éclat de la liunière l'évélée, je vois pâlir l'aulre et son rayon s'éteindre dans sa gloire. Le caractèi'e scientifique finit par disparaître. — D'ailleurs, songez-y. Si votre idiilosophie s'appuie, dès son commencement et à son <lébut même, sur les données de la foi concun-emment avec celles de la raison, je vois bien que vous aurez une prise immense sur le chrétien. Mais cette prise sera nulle

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sur un iiidiffêivrit. La partie do lumiôre révélée qui se iin'le, (liez vous, à la lumière naturelle, fera de lui, n'en «louiez pas. un renégat et un transfuge de cette liunière naturelle elle-mérne. Il croira fuir le piège de voire loi, quand déjà il aura reculé en ilecîi de la raison. Comment pourra-t-il les distinguer, [luisque vous les mêlez? — Vous ne voulez que les unir, je le sais, mais souvent vous les confondez. Cette confusion, elle éclate surtout dans le cha[>itredes Veiius inteUectuelles inspirées (hms la théorie de la Science infuse t du Cœur de la Science. Ici, connue je l'ai déjà dil, la logique ordinaire resse et ledioil de la discussion scienlili(|ue s'arrête. Jesns-Christ crucifié, voie droite, méthode^ plan delà science nniverxrHe, ji^ vois. bien là des Élévations hardies, des Méditations sur les mystères, une source abondante et féconde d'excitations religieuses; plus rien qui ressendde à ce qu'on appelle la science. Le mysticisme a tout pris.

J'en pourrais dire autant pour les autres données du système. J'accepte de tout cœur l'idée de la science com- [»arée, pourvu qu'on y apporte une discrétion, une n-serve que jt« ne trouve pas toujours ici. J'admire un grand nombre de résultats hardis, curieux, ncmveaux, que M. Cratry a su tirer de ce procédé.

Il y a une très large part de vérité scientilicjuc dans l'idée de la physiologie comparée à la psychologie et dans l'application vigoureuse de celte idée. La distinction des deux sphères de la vie personnelle et de la vie impersonnelle du corps ma jiaru offrir une profonde et saisissante analogie avec les deux phases du développement des facultés de lame, la phase inconsciente et fatale, la phase inh'lligente et libre.

Mais quel piincipe dangereux M. Gratry pose dans son Introduction à la Logique quand il dit qu'il faut, Jés rori- (jine, chercher la science comparée des trois mondes : le

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