Ubi supra, p. 222 (le la traduction française
peu surpris l’auteur du Banquet. Il serait trop facile de tourner cette théorie en dérision. Les hommes habitués à réfléchir admireront au contraire que l’esprit soit à ce point maître de la matière, qu’il transforme à nos yeux toute la nature, et nous dérobe, sous le reflet de sa propre lumière, ce qu’il y a de plus humiliant et de plus bas dans notre existence. Mais l’oubli du monde réel, quand il est poussé jusque-là, n’en a pas moins les conséquences que nous avons signalées.
Si l’âme produit les fonctions qui sont habituellement attribuées à une puissance inférieure, si elle est le principe non-seulement de l’intelligence et du sentiment, mais de la génération, de la nutrition, de la circulation, de la vie animale et même végétale, comme Plotin l’affirme expressément 4 , alors elle se confond nécessairement avec ces forces aveugles et impersonnelles qu’on désigne généralement sous le nom de nature; pas plus que la nature elle n’a la conscience de ses œuvres et n’est renfermée dans les limites de l’individu; elle est la nature elle-même, se partageant entre tous les animaux, dans les proportions qu’exige la variété de leurs espèces; elle est l’âme du monde, également présente à tous les êties vivants, et qui fait de tous un seul animal. Assurément, s’il existe quelque. chose comme la personne humaine, ce n’est pas là qu’il faut la chercher.
Où donc est-elle? Elle n’est pas dans la sensation, la passion, le désir, ou, comme dit Plotin à l’imitation d’Aristote, dans l’âme sensitive; car celle-ci, tout éclairée qu’elle est des premières lueurs de la conscience ou