Appel aux conservateurs, p
divers esclaves de Dieu, catholiques, protestants et déistes, comme étant à la fois arriérés et perturbateurs '. » C’est en ces termes solennels et passablement barbares que, le dimanche 19 octobre 1831, l’avénement de la foi nouvelle était annoncé au monde, et une nouvelle hégire inaugurée dans les fastes de l’histoire. A dater de ce jour les portes de l’éternité sont irrévocablement fermées ; plus de ciel ailleurs que sur la terre ; c’est en nous , pour parler le langage de l’apôtre du positivisme , qu’il faut chercher le vrai grand Être ou l’Être suprême. Mais Auguste Comte n’est pas un ingrat. « L’humanité , dit-il *, se substitue définitivement à Dieu sans oublier ses services provisoires. »
Il faut bien se garder ici d’une erreur dans laquelle on pourrait tomber facilement. L’humanité d’Auguste Comte n’est pas celle du moderne panthéisme ; ce n’est pas celle de llégel, par exemple, ni même celle des saints-simoniens ou de M. Pierre Leroux ; je veux dire la substance éternelle et indivisible de tous les êtres de notre espèce ; le principe caché, mais réel, d’où sortent tour à tour et dans lequel vont s’absorber toutes lésâmes, toutes les intelligences particulières, et qui, par conséquent, foyer toujours allumé de vie, de pensée et de sentiment, est la plus haute manifestation de Dieu. Non, Auguste Comte ne s’élève pas jusque-là. Auguste Comte, je le répète, n’est point panthéiste, mais athée. L’humanité pour lui n’est que la somme des individus qui existent actuellement et le souvenir