Catéchisme positiviste, p
biblique : « Aime ton prochain comme toi-même » paraîtra entaché d’égoïsme; on dira simplement : « Aime ton prochain, vis pour autrui et pour l’humanité entière, à qui tout appartient. » On pratiquera sans restriction l 'altruisme, c’est-à-dire une vie de sacrifice et d’abnégation.
Affectation hypocrite ou illusion insensée ! Comment concilier la morale avec le fatalisme qui découle d’une philosophie matérialiste et des hypothèses phrénologiques ? Comment parler de dévouement et de sacrifice quand on dénie à l’homme toute liberté, non-seulement civile et politique, mais naturelle, quand on ne reconnaît pas à l’âme plus d’empire sur ses actions qu’à la pierre lancée dans l’espace sur le mouvement qui l’emporte vers le centre de la terre '? Comment parler de devoir quand on supprime toute idée de l’absolu, et qu’on prétend bannir de la langue et des institutions sociales jusqu’au nom du droit? «La notion de droit, dit Auguste Comte, doit disparaître du domaine politique, comme la notion de cause du domaine philosophique. » — «Tout droit humain est absurde autant qu’immoral 2 . »
Il y a des erreurs fécondes, comme celles de Hobbes et de Spinoza, parce qu’elles excitent l’esprit humain à se rendre un compte plus sévère de ses nobles facultés et à couvrir d’une armure plus forte les principes qui le soutiennent et qui le guident. Le système d’Auguste Comte n’est pas du nombre de ces erreurs. Enfanté par l’orgueil autant que par la méditation, personnel et nullement original, il a disparu avec