Histoire des connaissances chimiques, p. 15 et 286 à
priétés? Les faits eux-mêmes ne sont pas autre chose que des abstractions, car, pour les connaître exactement, il faut, par un acte libre de notre esprit, les détacher un à un d’un groupe dont ils font partie. C’est pour justifier cette proposition que M. Chevreul, dix ans avant la publication de son Histoire des Connaissances chimiques, a fait paraître ses Lettres à M. Villemain *.
La science a besoin, non-seulement de l’abstraction, mais de l’hypothèse, cet autre épouvantail de la philosophie positive, cet autre objet de sa réprobation. « Il n’existe pas, dit M. Chevreul avec la double autorité du bon sens et de l’expérience, il n’existe pas de science qualifiée d’expérimentale qui se compose uniquement de propositions démontrées ; toutes se trouvent dans la nécessité de recourir à des hypothèses qui ne sont que des probabilités propres à lier entre elles les propositions dont l’exactitude est susceptible d’être démontrée...
« C’est cette nécessité qui a conduit à imaginer les agents qu’on a nommés fluides impondérables , à savoir: la lumière, le calorique, le fluide électrique et le fluide magnétique, pour représenter la cause des phénomènes de lumière, de chaleur, d’électricité et de magnétisme 1 2 . »
Et pourquoi les hypothèses sont-elles nécessaires à la science? Parce qu’elles nous mettent sur la voie de la vérité, en nous forçant à la chercher d’après un plan,
1. Lettres adressées à M. Villemain sur la méthode en général et sur la définition du mot fait. Paris, 1856, cher lîarnier frères.