Homère, Odyssée, chant xi
l’intelligence et de l’amour, on ne trouve que les réminiscences de la vie actuelle.
Les anciens Hébreux n’ont pas échappé à la loi commune. Ni leur paradis ni leur enfer ne diffèrent essentiellement de ceux des autres peuples. Les ombres des morts, les rephatms, descendent dans un lieu souterrain qui s’appelle le schéôl. Là, comme les vivants sur la terre, elles se divisent par races et par nationalités; chacune d’elles va se réunir à son peuple. Les justes renaîtront pour être heureux et les méchants pour souffrir; ou bien, si nous voulons en croire un texte plus ancien ', les premiers « seront rassemblés auprès de Jéhovah en un faisceau de vie, tandis]que les derniers tourneront comme dans le creux d’une fronde. » Ce n’est pas sans raison que les adeptes delà kabbale ont cru reconnaître sous cette image deux idées familières à tout l’Orient : l’absorption en Dieu et la métempsycose.
Pourquoi doncM. Martin, en dépit des livres saints, qui ne disent rien de semblable ; en dépit de son propre principe, que l’immortalité est un instinct naturel de l’homme, a-t-il cru nécessaire, pour expliquer ces dogmes, de faire intervenir une révélation extraordinaire? Il n’y arien là qui sorte des lois générales de l’histoire et de l’intelligence humaine. 11 n’y avait aucun danger pour M. Martin à le reconnaître, et il se serait épargné bien des suppositions indignes de sa raison. Comment, en effet, lui accorder que Dieu a de parti pris trompé son peuple sur la véritable nature de l’âme, de peur que le dogme de l’immortalité, haute-