‹ Philosophie et religionChapitre 13 sur 128 · Quatrième Ennéade, liv. III · texte numérisé non relu

Quatrième Ennéade, liv. III

S'il n’y a rien dans l’âme humaine qui la distingue des autres êtres, ou plutôt de l’être en général, de la substance unique de l’univers; si la force à l’aide de laquelle elle dompte et gouverne son corps n’est que l’action générale de la nature, sa sensibilité celle du monde tout entier considéré comme un être vivant, sa volonté une forme imparfaite de l’intelligence, et son intelligence un aspect déterminé ou une sphère circonscrite de l’intelligence divine, que sera donc pour elle l’immortalité? En effet, celle que nous promet Plotin n’est qu’une pure illusion. Les âmes parfaites, purifiées de toutes les passions, affranchies des liens qui nous attachent au corps, iront habiter le monde intelligible, c’est-à-dire se confondront avec l’intelligence divine, d’où elles sont sorties et dont elles apportent ici-bas la réminiscence. Les autres, suivant le degré d’impureté qu’elles auront contracté pendant leur alliance avec la matière, ou renaîtront à la terre, ou iront habiter les astres pour y mener une existence conforme à leur nature *. Je ne dois pas oublier de dire que dans ce nombre se trouvent comprises les Ames des bêtes, qui, étant formées comme la nôtre d’un principe immatériel, doivent être admises également aux honneurs de l’immortalité *.

« L’homme, a dit Pascal, n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. » Oui, l’homme est tout entier dans la conscience, dans le sentiment de son existence et de son identité. Mais alors quelle différence y a-t-il pour lui entre le néant

1. Troisième Ennéade, liv. IV, p. 99 de la traduction française.

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