‹ Philosophie et religionChapitre 20 sur 128 · Chap. i, p. 35-37 de la traduction française · texte numérisé non relu

Chap. i, p. 35-37 de la traduction française

AU XII' SIÈCLE

dans ce même livre, à l’esprit tentateur, que nos premiers parents, après leur désobéissance, seraient semblables à des Élohim qui discernent entre le bien et le mal, faut-il entendre que l’homme a acquis par le péché une science et une perfection auparavant inconnues? Non : c’est le contraire que nous enseignent les paroles de l’Écriture. Tant qu’ils ont vécu dans l’innocence, Adam et Ève savaient distinguer la vérité de Terreur, ce qui est l’attribution de la raison, l’objet propre de la connaissance , la fonction lapins élevée de notre esprit. Après leur faute, ils ne furent plus capables que de discerner entre le bien et le mal. Or le bien et le mal sont du domaine de l'opinion, une faculté très-inférieure à la connaissance ; car l’opinion, selon la définition des philosophes , ne s’élève pas audessus de la simple probabilité. A plus forte raison le serpent n’a-t-il pas pu promettre à Adam et à Ève qu’ils seront semblables à Dieu. Êlohim est un mot à plusieurs sens, un homonyme , qui s’applique tantôt à Dieu, tantôt à des créatures humaines. Il n’v a pas de doute qu’il ne doive être pris ici dans sa plus modeste acception *. Lorsque Moïse nous raconte que les soixante et dix anciens d’Israël, à qui Jéhovah apparut dans le désert, aperçurent sous ses pieds comme un ouvrage de saphir 2 , il faut voir dans ce récit une allusion à la matière première. La matière première étant la plus ancienne des créatures de Dieu et celle qui subit le plus directement l’action de sa puissance, c’est à juste titre qu’elle est représentée comme un ouvrage placé sous ses pieds. On la compare , avec non moins

J. Cbap. il, p. 37-41 de la traduction française.

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