‹ Philosophie et religionChapitre 21 sur 128 · Exode, cbap. tlt.iv · texte numérisé non relu

Exode, cbap. tlt.iv

LE RATIONALISME RELIGIEUX

de raison, au saphir, parce qu’elle se prête à toutes les formes, comme un blanc pur se prête à toutes les couleurs '. La femme adultère que nous voyons, dans le livre des Proverbes, courir au-devant de la jeunesse pour la corrompre et la séduire, c’est la matière faisant illusion à l’esprit, ou l’esprit se laissant égarer par l’imagination, dont l’origine est dans la matière et dans les sens.

C’est ainsi que, dans tout l’ouvrage, l’Écriture et môme les traditions des rabbins, se transformant au gré de l’auteur, ne renferment plus rien qui ne puisse s’accorder parfaitement avec la raison ou le système de philosophie qu’il lui a plu d’adopter.

Est-ce à dire que Maimonide reconnaît à chacun le droit ou impose môme à chacun le devoir d’en faire autant ; que l’autorité, la tradition, la foi n’ont plus dans sa pensée aucune raison d’exister ; que le texte môme des Livres saints, puisqu’il ne peut plus nous instruire que par les explications de la science, est devenu inutile à ses yeux ; enfin, que la philosophie lui paraît appelée à détrôner la religion ? Malgré les hardiesses spéculatives d’Averrhoès et les disciples qu’il a trouvés parmi quelques-uns des maîtres de la scolastique chrétienne ; malgré le nombre de ceux qui ont été soupçonnés d’avoir écrit le livre introuvable De tribus impostoribus , une telle opinion est tout à fait étrangère à l’esprit du xu c siècle. Elle est particulièrement étrangère à Maimonide. Elle révolte son bon sens non moins que sa piété, et les termes dans lesquels il la repousse méritent d’ôtre cités.

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