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Chap. Lit, p. 18D-S

100 » LE RATIONALISME RELIGIEUX

l’âpre saveur du poivre? Eh bien, selon Maïmonide, à qui nous empruntons ces exemples, il y a une différence encore plus profonde entre la Divinité et l’homme, même si, dans l’homme, on ne tient compte que de l’âme et de ses plus nobles facultés ‘.

On comprend maintenant que l’existence elle-même ne soit pas considérée comme un point de ressemblance entre les deux êtres, ou entre la Divinité et un être quelconque de la création. Selon l’auteur du Guide des égarés, qui n’est ici qu’un fidèle écho de son maître Avicenne, l’existence de l’homme, et en général celle de tous les êtres finis, n’est pas une qualité qui entre dans leur essence, puisque Dieu a pu les concevoir tels qu’ils sont avant de les produire ; elle n’est qu’un accident, c’est-à-dire un fait contingent et accessoire, qui a été ajouté à leurs qualités principales et qui disparaîtra sans leur porter atteinte. A ce titre, il est absolument inadmissible qu’elle soit attribuée à Dieu. Mais l’être infini, l’être sans cause existe d’une autre manière. Son existence n’est pas un attribut ou une qualité, encore moins un accident ; elle est son essence même, son essence immuable et indivisible. « Son existence est sa véritable essence; son essence est son existence 1 2 . »

Avec de telles idées on peut aller loin , aussi que loin Plotin, Averrhoès et Spinoza. Car si, d’une part, Dieu est le seul être qui existe, toute autre existence n’étant qu’un vain mot ou un fait étranger à l’ordre constant et général , aux formes invariables de la

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