Chap. l vin j p. 238 et 239 de la traduction française
AU XI!' SIÈCLE
géométrie, la politique, l'architecture, en un mot, toutes les sciences et tous les arts : pourquoi n’en serait-il pas de même de l’essence de Dieu, par rapport à ses actions '?
Cette distinction ne peut se soutenir un seul instant, car aucune limite ne sépare les attributs essentiels des attributs d’action : Dieu a des attributs ou il n’en a pas. S’il n’en a pas, tout est confusion et ténèbres, et il n’est pas plus possible de dire ce qu’il n’est pas que de dire ce qu’il est ; il est tout et il n’est rien. Si, au contraire, il a des attributs qui nous permettent de nous faire de lui une idée quelconque, qui nous permettent de le distinguer, soit de l’univers , soit du néant, ces attributs sont nécessairement essentiels, et, quoique essentiels, nous ne pouvons les concevoir, comme ceux qu’on appelle des attributs d’action, que par les rapports de la nature divine avec celle de l’univers, et particulièrement avec la conscience de l’homme. Vous reconnaissez en Dieu le créateur de l'univers, la cause toute-puissante, le modèle accompli, la source inépuisable de la bonté et de la justice. Mais quoi ! si vous êtes réellement convaincu de son existence, et si vous l’êtes par des raisons qui la démontrent, la justice, la bonté, la toute-puissance, l’activité créatrice vous paraîtront-elles moins nécessaires à sa perfection et il son existence même que l’unité, l’éternité, l’intelligence et tous les attributs que l’on considère particulièrement comme essentiels? Puis il est faux qu’il y ait une différence dans l’objet que ces attributs présentent à notre esprit. Il est faux que les