I. Chap. lui, uv et la fin du cliap. lu
lot LE RATIONALISME RELIGIEUX
uns ne soient applicables qu’à Dieu considéré en luimême, et les autres aux rapports de Dieu avec la création. Les rapports de Dieu avec la création, c’est-à-dire avec la nature et avec l’homme, entrent dans les premiers aussi bien que dans les derniers. L’éternité ne se conçoit pas plus sans le temps, l’infini sans le fini, l’unité sans la diversité, que la bonté et la justice, c’est-à-dire le bien, sans le mal, la cause toute-puissante sans ses effets bornés , et le Créateur sans les créatures. Maimonide lui-même paraît intérieurement si persuadé de cette similitude, que les deux espèces d’attributs se confondent sous sa plume, et les mêmes qu’il a d’abord repoussés à titre d’attributs essentiels, il les admet, quelques pages plus loin, à titre d’attributs d’action *.
Mais à défaut de la distinction des attributs d’action et des attributs essentiels, il lui reste celle des attributs positifs et des attributs négatifs. En proscrivant les premiers, il ne se croit nullement obligé de renoncer aux derniers ; car les derniers, en énonçant les imperfections qu’il faut écarter de Dieu, ne peuvent être accusés ni de témérité ni d’erreur. « Les vrais attributs de Dieu, dit-il 1 2 , sont ceux où l’attribution se fait par des négations; ce qui n’entraîne la nécessité d’aucune expression impropre, et ne donne lieu en aucune façon à attribuer à Dieu une imperfection quelconque; tandis que l’attribution énoncée affirmativement renferme l’idée d’association et d’imperfection. »