‹ Philosophie et religionChapitre 28 sur 128 · Ibid., p. 370 et · texte numérisé non relu

Ibid., p. 370 et

AU XII' SIÈCLE. HS

en réalité. Ainsi, en fait, l’élément terrestre se meut vers le centre, et le feu vers la circonférence; mais, aux yeux de la raison, il en pourrait être tout autrement : l’expérience et la raison sont donc en opposition l’une avec l’autre*. Comment, d’ailleurs, pourrions-nous prétendre à la certitude , puisque nos connaissances, dans l’hypothèse des motécallemîn , changent à chaque instant avec les propriétés des choses, abaissées au rang de purs accidents, et que la science elle-même est un accident qui ne peut , pas plus qu’un autre, subsister deux instants de suite? «Ils ont soutenu, dit Maïmonide, que les connaissances que nous avons maintenant ne sauraient être les mêmes que celles que nous avions hier; que celles-ci, au contraire, se sont évanouies, et qu’il en a été créé d’autres semblables, et s’il en est ainsi, ajoutent-ils, c’est parce que la science est un accident a . »

La stratégie qui consiste à appeler le scepticisme au secours de la religion est donc loin d’être aussi nouvelle et aussi favorable au christianisme qu’on l’a supposé. La voilà mise en pratique bien avant le xn* siècle, au profit de la religion de Mahomet.

. Maimonide n’a pas de peine à faire justice de ce chimérique système. Il montre très-bien que les propositions des motécallemîn ne sont pas seulement des hypothèses inventées à plaisir, mais qu’en réduisant à l’état de pur néant la science et la nature elles ruinent, par là même, la conclusion qu’on se flatte d’en faire sortir. En effet, au lieu de combattre simplement la

1. Première partie, chap. lxxtü, p. 400-412 île la traduction française.

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