Ubi supra, p. 387 et
î. Ubi supra, p. 393.
AU XII* SIÈCLE
que l’âme existe dans le corps d’un homme plutôt que dans celui d’un cheval ou même d’un insecte. « Il résulte de toutes ces propositions, dit énergiquement Maimonide, que l’homme n’est pas plus apte à penser que le scarabée '. »
Dans l’ordre moral, la substitution de la puissance divine à toutes les forces de la nature et à toutes les facultés de l’homme a pour conséquence nécessaire le fatalisme. Comment l’homme serait-il libre, s’il n’a pas la faculté d’agir? Comment serait-il doué de la faculté d’agir, si on peut lui contester son identité? Cette conséquence était hautement avouée par les motécallemîn. « Ils soutiennent, dit Maimonide*, que lorsque l’homme meut la plume ce n’est pas l’homme qui la meut; car ce mouvement qui naît dans la plume est un accident que Dieu y a créé. De même, le mouvement de la main qui, dans notre opinion, meut la plume est un accident que Dieu a créé dans la main qui se meut. Dieu a seulement établi comme habitude que le mouvement de la main s’unît au mouvement de la plume, sans que, pour cela, la main ait une influence quelconque sur ce dernier mouvement. » Dieu ne crée pas seulement le mouvement, il crée la faculté motrice et la volonté elle-même, à chaque instant de notre existence. Il ne crée pas seulement lafaculté motrice et la volonté ; il crée le repos qui succède au mouvement ; car ce n’est pas de lui-même que le repos existe quand le mouvement cesse : il est produit par un acte exprès de la puissance divine. Dieu