‹ Philosophie et religionChapitre 31 sur 128 · Chap. iaxvii, p. 393 et · texte numérisé non relu

Chap. iaxvii, p. 393 et

crée de la même façon la mort à la suite de la vie, les ténèbres en l’absence de la lumière, et, dans l’âme de l’homme, l’ignorance à la place de la science. En un mot, tout ce que, dans la langue d’Aristote, on appelle des privations, tout ce qui nous paraît être un fait négatif ou la cessation, l’absence d’un fait, doit être considéré comme une œuvre divine aussi bien que les faits positifs.

Maïmonide n’est que juste en appelant cette doctrine « une pure dérision. » Elle lui rappelle ces paroles de Job : « Vous raillez-vous de Dieu comme ou se raille d’un mortel ' ? » Il la repousse donc absolument, malgré les intentions pieuses qui l’ont inspirée, malgré la faveur qu’elle a trouvée parmi ses coreligionnaires de l’Orient et dans la secte des karaïtes. A l’exemple de tous les rabbins espagnols qui l’ont précédé et qui ont essayé comme lui de se rendre compte de leurs croyances par le raisonnement, il reste attaché aux principes d’Aristote et à l’école des philosophes ‘ 1 2 . L’idée ne lui vient pas un seul instant de chercher sa voie h la lumière seule de la raison, en se déclarant indépendant aussi bien des philosophes que des scolastiques. Cependant il croit de toute son âme au dogme de la création, et le dogme de la création est absolument incompatible avec l’opinion aristotélicienne que le monde n’a pas eu de commencement et n’aura pas de fin; que Dieu est la cause finale du monde, non sa cause efficiente. Mais parce qu’on est forcé d’abandonner une doctrine sur un point particulier, et lequel encore? celui qui peut passer

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