‹ Philosophie et religionChapitre 33 sur 128 · Chap. lxxi, p · texte numérisé non relu

Chap. lxxi, p

Digltized by Googl

Al XII* SIÈCLE.

mais qui n’en est en aucune façon la condition nécessaire. On en sera facilement convainc» si l’on considère que les preuves de l’existence de Dieu adoptées par Maïmonide sont tirées, pour la plupart, de l’unité, de l’ordre, de l’harmonie de la nature et de la ressemblance de l’univers avec l’homme. Cette ressemblance, tout à fait indépendante de la doctrine de l’éternité, est poussée si loin par son imagination que l’univers lui paraît être un individu au même titre que Zeïd et Amr *. D’un autre côté, lorsqu’il parle de l’éternité du monde, on voit clairement qu’il n’est question que d’une éternité relative comme celle que reconnaît Avicenne ; c’est-à-dire que le monde, même s’il est éternel, n’est cependant qu’un effet matériel, divisible, changeant, limité, qui nous force à reconnaître, au-dessus de lui, une cause immatérielle, indivisible, immuable, ipfinie; « de sorte, ajoute Maimonide 1 2 , que l’existence de Dieu est démontrée par des preuves décisives et certaines, soit que le monde ait été créé ou non. » Ce langage, à ce qu’il semble, ne laisse prise à aucun doute.

Il s’agit maintenant de pénétrer dans le fond même de la discussion, c’est-à-dire dans le propre système de Maimonide, dans son système théologique et philosophique. 11 s’agit de savoir quels sont les résultats de la méthode qu’on nous a fait connaître comme la seule légitime, et comment le dogme de la création peut être, en quelque sorte, superposé à la philosophie péripatéticienne sans la renverser. Il s’agit de savoir com-

Page 1