‹ Philosophie et religionChapitre 47 sur 128 · Ifjid.j chap. nu, p · texte numérisé non relu

Ifjid.j chap. nu, p

LE R VTION.VLISME RELIGIEUX

qu’un point imperceptible relativement à la sphère des étoiles, quel sera le rapport de l’espèce humaine à l’ensemble des choses créées? Et comment alors quelqu'un d’entre nous pourrait-il s’imaginer qu’elles existent en sa faveur et à cause de lui, et qu’elles doivent lui servir d’instrument ’? » Cela ne veut pas dire que la terre et l’homme ne retirent aucun avantage de l’existence des corps célestes avec lesquels ils se trouvent en rapport, et que l’Écriture nous trompe lorsqu’elle affirme qu’ils ont été créés pour éclairer la terre. Non, le langage de l’Écriture est conforme à la vérité, et il est incontestable que nous recevons du soleil la lumière et la chaleur de nos jours, que nous devons à la lune et aux étoiles la pâle clarté de nos nuits; mais ces bienfaits sont la conséquence, non le but de la conformation du ciel. La thèse de Maimonide n’est donc pas la même que celle de Spinoza : il ne rejette point le principe des causes finales, et même il le compte avec Aristote parmi les principes nécessaires. Seulement il veut que notre fin particulière soit subordonnée à la fin suprême de la création, et que dans l’ordre universel nous ne prenions qu’une part proportionnée à notre importance, au lieu de fe rapporter tout entier à nous, au lieu de le faire reposer en quelque façon sur nos têtes. C’est ainsi que dans la société, à l’abri d’un gouvernement stable et régulier, la sécurité de chacun est comprise dans la sécurité de tous, et rien ne serait comparable à la vanité et à la sottise d’un simple particulier qui voudrait soutenir que ce gouvernement n’a été fondé que dans son intérêt privé, pour défendre sa vie

Page 1