‹ Philosophie et religionChapitre 48 sur 128 · Chap. xiv de la traduction, p · texte numérisé non relu

Chap. xiv de la traduction, p

AU XII* SIÉCI.E. 171

contre les assassins et ses biens contre les voleurs

Ce n’est pas assez que la Providence soit sortie triomphante des objections qu’a fournies contre elle l’existence du mal, il faut'que nous nous en fassions une idée plus directe, c’est pour notre esprit un besoin de rechercher quelle est la nature et quelle est l’étendue de l’action qu’elle exerce sur le monde. Cette question, aussi vieille que la pensée humaine, et qui n’a pas été agitée avec moins de passion par les croyants et les théologiens que par les philosophes, a donné naissance, d’après les calculs de Maimonide, à quatre opinions différentes, à cinq si l’on y ajoute la doctrine d’Épicure; mais une doctrine qui consiste à dire que tout ce qui arrive dans l’univers et que l’univers lui-môme est l’effet du hasard, est moins une définition qu’une négation de la Providence, une négation incompatible avec l’idée de Dieu.

D’après la première de ces opinions, la Providence ne protège que ce qui est éternel et invariable, c’est-àdire les corps célestes et les espèces qui vivent sur la terre; mais elle ne descend pas à ce qui change et périt, elle ne s’occupe point des individus. Cette manière de voir, étroitement liée à l’hypothèse de l’éternité du monde, Maïmonide l’attribue à Aristote. Mais, ainsi que M. Munklc remarque avec justesse, elle appartient aux péripaléticiens arabes, non à l’auteur de la Métaphysique, pour qui Dieu, absolument étranger au monde, n’est que la cause première du mouvement et la cause finale de l’univers.

La seconde opinion est précisément le contraire de

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