Chap. xiii, p
celle-là. C’est celle que professe la secte théologique des Asharites, espèce de prédestinations musulmans qui donnent une telle place à l’intervention directe de la Divinité, non-seulement dans le gouvernement général de la création, mais dans les moindres accidents de la nature et de la vie humaine, que tout est prévu, que tout est réglé d’avance par les décrets de la sagesse éternelle, et que l’idée de la Providence se confond absolument avec celle de la fatalité.
Une autre secte musulmane, celle des Kadrites, nous représente la troisième opinion, ou la quatrième en comptant celle d’Épicure. Elle consiste à penser que l’homme a tout pouvoir sur ses actions et reste libre de choisir entre le bien et le mal. Aussi l’intervention de la Providence ne se fait-elle sentir dans sa destinée que pour lui assurer la récompense ou le châtiment qui lui sont dus. Telle est aussi la croyance des Motazals, avec un degr£ d’exagération qui touche à la folie. Sous prétexte de mettre la justice divine à l’abri de tout reproche, ces sectaires ont imaginé qu’il n’y a pas un seul être qui, souffrant sur la terre des douleurs imméritées, ne soit destiné, si vil qu’il paraisse à nos yeux, à en recevoir une compensation dans une autre vie. Ils admettent donc aux jouissances et aux peines de la vie à venir les animaux aussi bien que les hommes, et jusqu’aux insectes que nous écrasons sous nos pieds ou qui sont dévorés par les autres espèces vivantes '.
Enfin cette énumération se termine par la doctrine que Maïmonide expose en son propre nom, tout en s’efforçant de la présenter comme la seule conforme à