Cnap. xx, p
î. Talmud de Babylone, Traité de Baba Cathra, f“ 15, r°.
AU XII* SIÈCLE
à cet avis, affirme que le livre de Job est une parabole (nous nous servons de ses propres expressions) qui a pour but d’exposer les opinions des hommes sur la Providence. Aussi, grâce à la liberté que lui donne sa méthode d’exégèse, n’a-t-il pas de peine à reconnaître, dans les discours prononcés par les cinq personnages de ce drame biblique, les opinions entre lesquelles il a lui-même partagé les théologiens et les philosophes. Nous n’avons donc pas à y revenir. Mais il y a dans ce curieux commentaire d’autres traits qui méritent d’être cilés. Ainsi, puisque Job est un être imaginaire, pourquoi Satan serait-il un être réel? Satan, pour l’auteur du Guide des égarés, n’est en effet que la personnification allégorique du mal, c’est-à-dire d’une chose qui n’existe pas ou qui répond à une pure négation, le mal, comme on nous l’a déjà dit, étant simplement la privation du bien. La privation étant issue de la matière, l’écrivain sacré a raison de nous montrer Satan errant sur la terre et la parcourant en tous sens. Le monde supérieur, sur lequel la matière n’a point de prise, est hors de ses atteintes. Quant aux fils de Dieu, ils représentent le bien, qui vient directement du Créateur, les sphères incorruptibles qui peuplent le ciel et les pures intelligences qui les dirigent *.
Ce n’est qu’après avoir ainsi complété, au nom de la raison et de la révélation, sa doctrine métaphysique, que Maïmonide aborde enfin l’objet propre de cette dernière partie de. son ouvrage, c’est-à-dire l’explication rationnelle des lois et des prescriptions du Pentateuque, ou, pour nous servir d’une expression autori-