‹ Philosophie et religionChapitre 53 sur 128 · Isaïe, chap. i, v · texte numérisé non relu

Isaïe, chap. i, v

î. Chap. xxxii. p. 257.

AU XII» SIECLE

les hommages qu’ils croyaient dus à la Divinité. Le bélier, rappelant la constellation de ce nom, était particulièrement cher à l’Égypte. Aussi, comme nous le voyons dans la Genèse, par le récit de l’émigration de Jacob, la vie pastorale y était-elle considérée comme un objet d’horreur. Ce sont encore les Égyptiens qui élevaient des temples en l’honneur du dieu Apis. Mais le bœuf était aussi un animal sacré pour d’autres peuples, principalement pour ceux de l’Inde C’est précisément pour cela que le bélier, le bouc, le bœuf ou la génisse jouent le principal rôle dans les sacrifices ordonnés par la loi du Sinaï. Elle voulait, selon les expressions de Maimonide, qu’on s’approchât de Dieu par l’acte même que les idolâtres considéraient comme le plus grand crime, et qu’on cherchât dans cet acte le pardon des péchés *. Les animaux dont nous venons de parler appartenant d’ailleurs à des espèces communes, placées à la portée du pauvre comme du riche, faisaient contraste avec les sacrifices pompeux et recherchés auxquels se plaisaient les cultes païens.

Beaucoup d’autres lois du Pentateuque dérivent du même principe ou se rattachent, si nous en croyons Maimonide, au dessein formé par le législateur des Hébreux de créer en tout et pour tout un antagonisme indestructible entre le culte de l’Éternel et celui des faux dieux. Une de ces lois qui excite le plus notre étonnement, dans un code où la pitié et l’humanité sont recommandées avec tant de force, c’est celle qui

1. Il est évident que Maimonide confond ici le bœuf avec la vache; mais peut-être veut-il parler des Parsis de l'Inde, dont le culte donne également une place très-importante au bœuf.

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