Chap. ILVI, p
Ut I.E RATIONALISME RELIGIEUX
prononce la peine de mort contre le crime imaginaire de la magie; c’est celle qui répète si souvent, comme si elle craignait de tomber en désuétude ', qu’il ne faut laisser vivre sur le territoire d’Israël ni sorcier, ni sorcière, ni nécromancien. Mais l’auteur du Guide des égarés nous fait remarquer que la pratique de la magie, sur laquelle d’ailleurs il nous fournit, d’après Y Agriculture nabatéenne , les détails les plus curieux, était étroitement liée, chez les peuples de la Chaldée, à l’idolâtrie, ou, pour parler plus exactement, à l’astrolâtrie, et qu’il fallait se résoudre ou à les laisser subsister ou à les exterminer ensemble. Or, comment laisser subsister l’idolâtrie au sein d’un peuple uniquement créé pour la détruire et dont la constitution politique et l'organisation civile, aussi bien que les institutions religieuses, reposaient entièrement sur l’idée d’un seul Dieu? C’était une question de vie et de mort pour le peuple élu, et devant cette question de salut non-seulement pour les douze tribus d’Israël, mais pour le genre humain, le législateur avait le droit d’être sévère pour les individus J 1 On pourrait demander à Maimonide ce que devient, avec cette logique inexorable, l’article le plus essentiel de la loi divine, celui qui nous ordonne d’aimer notre prochain comme nous-mêmes, et le récit biblique qui nous apprend que tous les hommes sont frères, puisqu’ils descendent également d’Adam. Mais ces considérations n’étaient point à l’usage du xn e siècle, et moins encore de l’époque bar-
1 . Voyez Exode, chap. xxn, v. 17; Deutér., chap. xvil, v.2; Lévitique, chip. xx, v. 27.