Chap. Ul, p
AU XII* SIÈCLE
gratifiés tous ceux qui travaillent pour l’obtenir * . » Il ne dira pas que l’homme dont la pensée, pure de tout alliage, s’est élevée à la perception de Dieu, jouit de ce qu’il perçoit, que Dieu est avec lui et qu’il est avec Dieu s ; car la jouissance suppose la conscience et la personnalité. Le panthéisme, en répudiant la Providence, est obligé par là môme de répudier l’amour. 11 se gardera donc de nous parler, comme Maimonide, de la passion que l’âme, éclairée par la pure lumière de l’intelligence, éprouvera à l’approche de la mort pour l’Être divin; il n’appellera pas la mort, ainsi préparée par l’amour et suivie d’un bonheur éternel, un baiser de Dieu 3 .
Que ces propositions ne soient pas complètement d’accord avec quelques-unes de celles que nous avons rencontrées précédemment; qu’elles procèdent du sentiment plus que de la raison, ou, pour parler comme M. Mwnk 4 , « qu’elles soient plutôt religieuses et édifiantes que rigoureusement philosophiques , » nous l’admettons sans peine, car c’est à cause de cela précisément qu’elles nous paraissent marquées à l’empreinte du mysticisme; mais nous n'admettrons jamais qu’elles ne soient pas sorties de la conscience de Maimonide, qu’elles n’expriment pas le fond môme de son âme et de sa pensée, qu’elles ne s’accordent pas dans son esprit avec le dogme de la création et qu’il ait songé à les présenter uniquement comme une hypothèse sur le véritable sens de l’Écriture. Ce n’est pas à titre
t. Chap. U, p. 45-46.
ï. Ibid., p. 446-47.
î. Chap. li, p. 450.