‹ Philosophie et religionChapitre 60 sur 128 · I. Jésus-Christ et sa r/ortrine, préf.icc, p. xiv · texte numérisé non relu

I. Jésus-Christ et sa r/ortrine, préf.icc, p. xiv

de son premier écrit, vers l’âge de vingt-trois ou de . vingt-quatre ans, se laissa-t-il séduire à une entreprise qui répondait si peu, je ne dirai pas à l’esprit philosophique, mais à l’esprit sceptique, frondeur et quelque peu révolutionnaire de la jeunesse de la Restauration? Qui était-ih? d’où venait-il? quelles circonstances l’avaient poussé dans cette voie déserte? quelle passion, quel sentiment pouvait l’y maintenir? C'est ce qu’il a eu soin de nous apprendre lui-méme dans quelques-unes de ses préfaces , et notamment dans son dernier livre *.

La môme province à laquelle nous devons le membre le plus illustre de l’Eglise réformée nous a donné aussi le représentant le plus éminent, quoique peutêtre un des moins orthodoxes, de l’antique mosaïsme. M. Salvador, ainsi que M. Guizot, a reçu le jour dans le Languedoc ; il ne dit pas en quelle année, mais j’ai des raisons de croire que ce fut en 1796 ou 1797 1 2 3 . Il faut convenir que la séparation de l’autorité civile et de l’autorité religieuse, absolument nécessaire avec le principe de la liberté des cultes, a bien des avantages. Car si l’auteur de l’Erjlise et la société chrétienne était né à Rome, sous l’empire de cette papauté temporelle qui subitement lui est devenue si chère, il aurait été obligé de choisir entre l’abjuration et l’exil. 'Et M. Salvador, dans les mômes circonstances, n’aurait pas été beaucoup plus heureux. Il aurait tenu dans le

Page 1