Histoire fies institutions de Matse , t. Il, p
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dans l’avenir. Que ce contrat ne soit pas toujours observé, personne ne le contestera; mais qu’importe! 11 n’en est pas moins le seul qui puisse se concilier avec la liberté, avec la dignité morale, avec les plus nobles instincts, avec les sentiments les plus indestructibles de l’homme et delà femme; il n’en est pas moins le seul fondement légitime, le seul fondement respectable de la famille et de la société elle-même. Il est le seul que la loi puisse reconnaître et prendre sous son égide ; car la loi doit être placée plus haut que les mœurs; la loi, sous prétexte qu’elle est éludée, ne peut pas se faire la servante de nos vices.
La constitution du mariage, l’organisation de la famille touche à tous les principes de la morale; la morale à son tour est étroitement unie à la religion.
Histoire des institutions de Moïse. — Lois morales et dogmes religieux.
Si un philosophe indien ou chinois, pour faire connaître à ses compatriotes la morale des peuples chrétiens, leur citait au hasard, non les préceptes de l’Évangile, ou les principes d’honneur, d’humanité, de charité, de dévouement, de justice, que la raison aussi bien que la religion a fait accepter de la conscience
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publique, mais les lois de toute espèce, les lois civiles, politiques, pénales, internationales, qui ont régné successivement, depuis huit ou dix siècles, dans les contrées les plus civilisées de l’Europe, on ne manquerait pas de crier à l’iniquité et à l’erreur. On aurait parfaitement raison. Et cependant, ce même procédé, on l’applique tous les jours à l’Ancien Testament et au peuple qui l’a pris pour règle de son existence. Oubliant que Moïse n’est pas seulement l’auteur, ou, si l’on veut, le révélateur d’une religion, mais le fondateur d’une nationalité, et par conséquent un législateur civil, un dictateur politique, un homme d’action et de gouvernement mis aux prises avec les faits, avec les passions humaines, avec des forces ennemies, on lui a reproché comme une infirmité et une défaillance de sa morale tous les moyens de conservation et de défense dont il a dû armer une société nouvelle, indispensable, selon lui, à la conservation du nouveau dogme contre les périls du dedans et du dehors. On n’a pas tenu compte de la différence qui existe nécessairement, aujourd’hui comme au temps des Hébreux, entre la morale et la législation. Essayez de substituer à notre droit pénal le principe évangélique qui ordonne le pardon des injures, qui nous commande de nous laisser frapper et dépouiller, et de rendre en toute circonstance lé bien pour le mal, vous verrez ce que deviendra au bout de quelques jours l’ordre social. Introduisez la même règle de conduite dans les conflits qui peuvent s’élever entre une nation et une autre, ou bien entre un gouvernement et ses ennemis intérieurs, les conséquences n’en seront pas moins fatales.
La morale, comme on voit, repose avant tout sur le
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principe d’abnégation, d’expansion, de dévouement, et la législation ainsi que le droit, j’entends le droit naturel, qui en doit être la base, sur le principe de conservation et de légitime défense. Elles diffèrent encore l’une de l'autre par un ailTre point non moins essentiel. La moi ale est absolue. Elle s’adresse à l 'homme en général, sans acception d’origine, de condition, d’époque, de climat ; car l’homme existe, quoi qu’en dise Joseph de Maistre, et l’on ne rencontre pas seulement sur la terre des Français, des Anglais, des Italiens, des Russes; chez les races les plus diverses et quelquefois les plus opposées de mœurs, d’intérêts, de caractère, on rencontre cette similitude des facultés de l’âme, cette identité des lois de l’intelligence et du cœur sans laquelle il n’y a ni bien ni mal, ni vérité ni erreur, ni science, ni conscience, ni religion. Les œuvres de la législation sont relatives : elles sont faites pour une nation, pour un temps, pour un pays déterminés, et ne doivent pas survivre à la situation qui lésa rendues nécessaires.
Eh bien 1 lorsqu’on a pris soin de séparer dans le Pentateuque ces deux éléments si complètement distincts, on ne tarde pas à reconnaître que la morale de Moïse et des prophètes ses successeurs ne le cède à aucune autre. C’est une vérité sur laquelle les abondantes citations de M. Salvador ne laissent subsister aucun doute. Que manque-t-il, en effet, à cette partie de l’ancienne loi pour être parfaitement d’accord avec la nouvelle et rester digne, après quatre mille ans, du respect et de l’admiration du monde? Elle nous montre dans l’homme l’image de la Divinité, et par là nous fait comprendre la grandeur de ses destinées, la sainteté de ses
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devoirs, l’inviolabilité de ses droits. Elle nous représente le genre humain non-seulement comme une espèce homogène, mais comme une seule famille dont les membres, issus d’un même père, animés par l’esprit du même Dieu , sont réunis entre eux par la double fraternité de l’âme et du sang. Elle nous offre, en trois mots, le résumé de tous nos devoirs envers nos semblables, l’expression la plus complète et la plus saisissante de la charité comme de la justice : c’est lorsqu’elle nous ordonne d’aimer notre prochain comme nous-mêmes. Youdrait-on soutenir que par le mot prochain l’auteur du Pentateuque n’a entendu parler que de l’Hébreu? Il complète sa pensée en ajoutant presque aussitôt : « Aime l’étranger, car tu as été toi-même étranger en Égypte. » il veut que l’étranger partage avec la veuve et l’orphelin toutes les libéralités de son peuple, qu'on réserve pour lui les coins du champ paternel et les débris de la moisson ou de la vendange, que l’on conserve àla liberté l’esclave étranger qui a brisé ses fers.
On impute aux auteurs de l’Ancien Testament d’avoir dit quelque part : « Tu aimeras ton ami et tu haïras ton ennemi. » Mais ni les livres de Moïse ni ceux des autres prophètes ne contiennent rien de semblable. Voici au contraire ce qu’ils prescrivent : « Il t’est permis de reprendre ton prochain, mais non de lui garder rancune dans ton cœur; la vengeance et la haine te sont interdites; tu dois aimer tort prochain comme toimême'.» — « Si tu rencontres le bœuf de celui qui te hait ou son âne égaré, ramène-le-lui. Si tu vois l’âne