‹ Philosophie et religionChapitre 67 sur 128 · L/imentatiO is, chap. m, v · texte numérisé non relu

L/imentatiO is, chap. m, v

m LES TRAVAUX BIBLIQUES

et elle ne permet point qu’on mange dans sa maison le pain de l’oisiveté ; mais « elle tend sa droite vers le pauvre et ses deux mains vers l’indigent *. »

Jamais la politique et la législation des Israélites u'ont rien reconnu de semblable à cette institution odieuse, inique, immorale, absurde, qui, sous le nom de droit d’aînesse, a joué et joue encore un si grand rôle chez les peuples de l’Occident. Le fils aîné, prenait double part dans les biens meubles de la famille, et encore fallait-il qu’il fût le premierné, non-seulement des fils, mais de tous les enfants de son père. Pour tout le reste, il subissait la loi de l’égalité, condition indispensable de la fraternité naturelle, aussi bien que de la fraternité morale et civile. L’histoire entière du peuple de Dieu, selon la remarque ingénieuse et parfaitement vraie de M. Salvador, peut être considérée comme une protestation contre les droits de primogéniture tels que les comprenaient les nations d’origine germanique. Chaque fois qu’elle met. en scène deux ou plusieurs frères, c’est à l’aîné qu’elle donne le rôle le plus ingrat. Caïn est sacrifié à Abel, Ésaü à Jacob, Ismaël à Isaac, Manassé à Éphraïm, Aaron à Moïse. Joseph ne venait que le onzième parmi ses frères, David le huitième et Salomon le neuvième. Le mérite personnel, la supériorité de l’intelligence et du caractère, passent avant le privilège de la naissance et la faveur aveugle de la fortune. Les docteurs qui, en l’expliquant, ont continué l’œuvre des prophètes, sont animés du même esprit lorsqu’ils disent que la couronne de la loi, c’est-à-dire l’autorité

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