Jésus-Christ et sa doctrine, t. il, cliap. i
ÎU LES TRAVAUX BIBLIQUES
ses prédications, ses miracles, sa mort. Après avoir défini le caractère et l’influence personnelle du maître, il étudie avec une attention scrupuleuse l’œuvre des disciples et le travail intérieur de la nouvelle Église, nous montrant quelle est la distance de saint Mathieu à saint Paul, et de saint Paul à l’auteur de l’Apocalypse, ou par quelle transition le Messie d’Israël est devenu dans la pensée des apôtres le médiateur universel et une des personnes de la Trinité. La partie la plus curieuse assurément, et selon moi la plus solide de cette histoire critique du Nouveau Testament, c’est celle où M. Salvador nous fait lire dans les livres juifs tous les préceptes de la morale chrétienne, toutes les maximes dont se compose le sermon sur la montagne et jusqu’à cette admirable prière qu’on appelle l’Oraison dominicale 1 . J’oserai citer également, malgré la délicatesse du sujet, comme un des morceaux les plus remarquables de ce livre, le chapitre qui a pour titre : Esprit des tableaux évangéliques relatifs à la Passion de Jésus- Christ 2 . On n’y trouvera rien qui ne soit digne de la gravité d’un philosophe et d’un historien des Écritures, mais rien non plus qu’on puisse regarder comme un sacrifice à l’esprit de conciliation ou comme un acte de condescendance. C’est à cette condition seule que les discussions religieuses tournent au profit de la vérité et à l’édification des âmes.
Le récit de la Passion me conduit naturellement à m’expliquer sur un point encore plus délicat s’il est possible : je veux parler de la condamnation de Jésus- Christ. Je suis ici d’un avis entièrement opposé à celui