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tive de résoudre les questions d’authenticité biblique. M. Weill n’a cependant pas le courage de rejeter en masse, par cette fin de non-recevoir, tout le Lévitique. Il accorde que Moïse, dont le frère était grand sacrificateur, a bien pu instituer des sacrifices; mais il pense qu’ils n’ont pas eu d’autre but que de détourner les Hébreux des cultes idolâtres et de former un revenu au profit de la tribu de Lévy, exclue de toute propriété. Les sacrifices doivent être considérés comme des amendes prononcées par le prêtre dans la proportion des fautes commises.
Enfin, Moïse a gardé le silence sur l’immortalité de l’âme, et, loin de lui en faire un reproche, à l’exemple de quelques philosophes ou théologiens superficiels, M. Weill y voit une des preuves les plus éclatantes de sa sagesse. Le législateur des Hébreux a voulu former un peuple libre, qui n’accepte point d’autre joug que celui de Dieu, c’est-à-dire delà Loi. Or, les nations qui admettent le dogmp de l’immortalité se résignent facilement, dans l’espérance d’une réparation future, à supporter l’injustice et la tyrannie; elles sont fatalement vouées à la servitude *.
Nous voyons bien jusqu’ici ce que Moïse n’a pas dit, ce que Moïse n’a pas fait; mais encore faut-il qu’on nous cite quelque chose qui soit à lui : l’admiration et la gloire ne se fondent point sur des négations. Quelle est donc l’œuvre de ce grand homme? Moïse, nous répond M. Weill, a été un législateur philosophe. Son système de législation peut se résumer dans ces quatre mots : justice, liberté, responsabilité, solidarité. Son