‹ Philosophie et religionChapitre 85 sur 128 · I.ES BABYS · texte numérisé non relu

I.ES BABYS

a jailli comme de sa source naturelle, l’esprit de Voltaire et du xvui® siècle en général s’est arrêté sur les hauteurs de la société, dans la classe des lettrés et des courtisans.

Cependant si, laissant de côté la forme, on veut regarder au fond des choses, on est autorisé à dire que le scepticisme et l’athéisme ne sont pas de date récente dans l’antique royaume d’Iran. Nous ne parlerons pas de Gazâli, qui, à l’exemple de plusieurs théologiens de l’Europe, a fait servir le scepticisme à la glorification de la foi. Mais l’auteur du Dabistan nous apprend 1 qu’il a rencontré en l’an 1034 de l’hégire, ou 1637 de notre ère, une secte persane qui, refusant toute confiance aux facultés, quelles qu’elles soient, de notre esprit, niaient à la fois l’existence de Dieu et celle du monde extérieur. Aussi l’imagination populaire n’at-elle pas manqué de leur attribuer des aventures semblables à celles de Marfurius dans le Mariage forcé. Une autre secte florissait dans le même temps, qui ne reconnaissait pas d’autre Dieu que l’essence de la matière ou la substance identique des éléments, pas d’autre résurrection que les révolutions périodiques de la nature, pas d'autre paradis que les plaisirs des sens et le bienêtre dont on peut jouir pendant cette vie, pas d’autre enfer que la douleur et la privation. Le bien et le mal, dans la pensée de ceux qui professaient cette doctrine, n’avaient qu’une valeur temporaire et relative; ils les faisaient dépendre des institutions et des lois qui sont l’oeuvre de l’homme et que l’homme change à sa volonté. Les seules prescriptions qu’ils consentissent à regarder

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