I. Tume I, p. 195 et suivantes de la traduction anglaise
comme des lois naturelles, c’était de montrer beaucoup de douceur envers ses semblables et de ne pas user de cruauté envers les animaux '. Ces épicuriens de l’Orient avaient l’audace d’abriter leurs principes sous le drapeau de la religion et de les présenter comme la véritable pensée des prophètes de l’islam.
Mais ce n’est point dans les systèmes philosophiques, si hardis qu’ils puissent être, que la religion officielle de la Perse ou le shyysme rencontre ses plus redoutables adversaires, c’est dans les sectes dissidentes qui sont sorties de son sein et qui se retournent contre lui pour le combattre avec ses propres armes, pour lui opposer ses propres dogmes et le texte môme du livre saint. Au nombre de ces sectes il y en a deux queM. de Gobineau nous a fait connaître pour la première fois, l’une dans ses Trois ans en Asie : ce sont les nossayrys ; l’autre dans le volume qu’il a publié récemment : ce sont les Bàbys. Parlons d’abord des nossayrys.
La raison pour laquelle on les appelle ainsi est une erreur : on les a confondus avec les chrétiens, dont la foi leur est complètement étrangère, comme on s’en assurera bientôt, mais avec lesquels ils vivent seulement dans des rapports de bienveillance, par suite de leurs principes de tolérance universelle et do leur mépris pour les impuretés légales. La désignation d’Aly- Illahis qu’on leur applique quelquefois n’est pas plus juste; car ils ne croient pas plus particulièrement à la divinité d’Aly qu’à celle d’autres fondateurs de religions. Leur nom véritable c’est Ehl-è-hekk, c’est-àdire les gens de la vérité. Cette vérité qu’ils revendi-