‹ Philosophie et religionChapitre 9 sur 128 · I . Page 67 de la traduction française · texte numérisé non relu

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un homme de cette sorte dans une cité ; il est donc à sa place. » C’est ainsi que le méchant a sa place dans l’humanité ; sans lui l’éducation de l’âme en ce monde serait incomplète.

Après tout, un poëte, un drame et des acteurs qui sont les maîtres, sinon de choisir leur rôle, au moins cfe le jouer bien ou mal, cela ressemble encore à la liberté; c’est une expression figurée de la croyance spiritualiste que l’humanité et la nature sont distinctes de la puissance divine, qu’elles sont l’œuvre d’un Dieu créateur et personnel. Mais Plotin se garde bien de démentir à ce point sa métaphysique panthéiste. Il se hâte donc d’ajouter que nous sommes moins des acteurs que « des parties du poëte, » qui, ayant prévu ce que nous devons dire, a cru inutile d’écrire son poëme. Dès lors la manière dont notre rôle est joué nous est imposée aussi bien que le rôle lui-môme. C’est ce que Plotin, dans un moment de franchise, a le courage de s’avouer. « L’âme, dit-il *, qui figure dans le drame dont ce monde est le théâtre, apporte avec elle une disposition à y jouer bien ou mal. »

De ce côté, l’illusion n’est donc plus possible. La liberté, dans le système de Plotin, ne peut pas décharger la Providence de la responsabilité du mal moral, puisque la liberté n’existe pas, et que le mal lui-méme, j’entends le mal moral, étant nécessaire au perfectionnement de l’homme et à l’harmonie générale du monde, n’est plus qu’un des aspects, l’une des conditions du bien. Nous saurons bientôt si Plotin a mieux compris,

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