Ibid., p
3. Voyez le Journal des Savants, cahier d’octobre 1865, septième article sur Saint-Martin.
saints livres, et qui imploreront, au dernier moment, la miséricorde de Dieu. Tout en perdant le sentiment de leur individualité, ils ne perdront pas absolument, en retournant dans le sein de Dieu, le sentiment de leur existence; ils y trouveront la suprême béatitude, et la béatitude n’existe point si elle n’est sentie; elle ne peut être sentie sans la conscience '. Le paradis, selon la définition qu’en donne le Bàb *, c’est l’amour de Dieu n’ayant plus rien à désirer, l’amour de Dieu satisfait. « Le plus auguste des paradis, c’est de contempler Dieu après l’avoir compris 1 * 3 . »
Toutes ces idées sont assurément difficiles à concilier avec les traditions et la foi de l’islam ; mais elles ne fournissent pas encore de quoi faire une nouvelle religion ; car, ainsi que nous avons pu nous en convaincre, elles existent aussi, en totalité ou en partie, chez les soufvs, les nossayrys, les Aly-illahys : ce qui n’empêche pas ces différentes sectes de pratiquer ostensiblement les prescriptions du Koran, et de vivre en paix avec le gouvernement et avec les moullas.
La morale enseignée par Mirza-Aly-Mohammed était plus propre que sa théologie à le placer en dehors de la .religion officielle. En réprouvant la polygamie, en abolissant pour les femmes l’usage du voile, et par conséquent de la réclusion; en déclarant supprimées les impuretés légales, et en faisant tomber par là même la barrière qui sépare le vrai croyant du commerce des infidèles; en réclamant indirectement l’abandon de la peine de mort, et en réduisant de son propre chef toutes