‹ Philosophie et religionChapitre 93 sur 128 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

haute expression ou l’essence même de l’humanité, et que l’essence de l’humanité, sa raison, sa pensée, soit l’essence même de Dieu, et par conséquent le principe d’où ont été tirées toutes choses. C’est précisément ce qu’enseigne le Bâb. « En vérité, dit-il *, j’ai créé l’essence de toutes choses dans la forme de l’homme et j’ai déterminé toute nature dans Celui que je manifesterai. » — « Tous les hommes viennent de moi, et moi je viens de Dieu, mon Seigneur 2 . »

Quand il n’y aurait eu dans le bâbysme que cette seule croyance, qui faisait non-seulement de son fon- , dateur, mais de chacun de ses grands prêtres à venir, une véritable incarnation de la Divinité, cela suffisait pour le constituer en révolte ouverte, en état de guerre flagrante contre l’islamisme. Mais à cette innovation radicale dans la loi il a voulu joindre une révolution non moins profonde dans les habitudes et dans les mœurs. Nous en ferons connaître tout à l’heure les principaux traits; contentons-nous ici d’en citer un seul exemple. Le nombre dix-neuf étant le nombre sacré, le nombre mystique, le nombre divin, le lien qui unit le ciel à la terre et l’esprit de Dieu à l’esprit de l’homme, il est nécessaire qu’il règle toute notre vie et qu’il devienne le type de tout ce qui est susceptible de numération, de composition et de partage. Aussi l’année a-t-elle été divisée par le Bâb en dix-neuf mois, le mois en dix-neuf jours, le jour en dix-neuf heures, l’heure en dix-neuf minutes. La même division a été imposée aux poids, aux mesures, aux monnaies, aux »

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