RÉSUMÉ
sensualisme. Jeunes gens, ne prêtez jamais l’oreille à ces désolantes doctrines qui, sous prétexte de science et de liberté, vous conduiraient inrailliblemcnt à l’avilissement, à la honte, au désespoir. ^ '
Quelques philosophes ont voulu corriger le sensualisme en ajoutant à la sensation une antre .source de connaissance, la réflexion que l’ême fait sur ellemême. Us ont ainsi uni le psychologisme au sensualisme, et si le psychologisme n’e.st pas moins impuissant que le sensualisme à expliquer la raison, cette nouvelle combinaison devient parfaitement inutile. Nous voici donc amené .à notre résumé du psychologisme. Il sera court.
Le psychologisme consiste dans la prétention de tout tirer de l’âme seule; l’àme, le moi, ne sont pas seule-' ^ ment un point de départ, ils sont la source de toutes les idées, de tous les principes, de loiite.s les lois rationnelles. Dans l’antiquité, l'incertitude de la pensée «l’Aristote permet peut-être de lui attribuer un certain ^ psychologisme; ou peut aussi en voir une autre sorte •chez les stoïciens. Les concept ualistes du moyen âge • étaient de vrais psychologues. Dans les temps moder- * nés. les Écossais ont enseigné ce système, en le corri- . géant par leur doctrine du .sens commun. De nos j jours, les Allemands seuls me paraissent avoir élé’des psychologues conséquents.
Empruntant de l’homme seul tous les principes et toutes les vérités, le psychologisme met les principe.s et les vérités au niveau de l’homme. Ils ne sont ni plus hauts, ni plus forts, ni meilleurs que lui; ils n’ont pas plus de valeur que lui; mais ils peuvent avoir focle
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celle qu’il a lui-même. Or, nous connaissons l'homme et la raison. Nous savons que l’homme est un être faible, un assemblage incompréhensible de misères qui semble Holler entre deux néants. Mais nous savons aussi que la raison est une lumière qui éclaire son esprit, dirige sa pensée, gouverne sa conscience. L’homme est un compose d'éléments multiples, et une admirable unité forme le caractère nécessaire des idées et de principes de la raison. L’homme peut disparaître dans le néant dont il est sorti, les idées et les principes de la raison n’ont pas commencé et ne peuvent pas finir. L’homme ne dure qu’un jour, les idées et les principes de la raison sont éternels. Il change sans cesse, les idées et les principes de la raison sont immuables. Il y a donc opposition essentielle et radicale entre les caractères de la nature humaine cl ceux de la raison qu’elle porte. Si vous refusez de , tenir compte de cette opposition, si vous voulez tirer la raison de l’homme et la renfermer dans l’homme, si vous voulez faire de la psychologie pure et rien que de la psychologie, voici ce qui arrivera nécessairement: La raison prendra les caractères de l’homme, • et alors elle deviendra purement subjective, c’est-à- . • dire contingente, relative, muable et misérable. Elle perdra donc toute autorité, toute valeur. C’est le système de Kant, qui n’échappe pas au scepticisme universel. Pour l’éviter sans sortir de la psychologie pure, vous devez vous jeter dans un autre abîme, et attribuer à l’homme lui-même, à sa nature, les caractères de la raison. Mais alors la nature humaine sera néce.ssaire, éternelle, immuable, divine ; elle appar-
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tiendra à l’essence universelle, infinie, créatrice. Vous reconnaissez les systèmes que nous avons étudiés dans la dernière leçon, et le panlliéisme qui en est le fond. Oui, si on nie l'origine divine et l’autorité divine de la raison, le scepticisme est la seule sagesse; si on rapporte la raison, avec son autorité divine, à notre nature, comme à son principe, on fait un Dieu de l’homme. Un psychologisme rigoureux contient nécessairement le scepticisme ou le panthéisme. J’ai eu donc raison de dire que les Allemands ont été les seuls psycliologues vraiment conséquents. Mais les résultats auxquels ils arrivent forcément démontrent la vanité et l’impuissance du psychologisme exclusif. Il faut s’élever au-dessus de l’homme pour avoir la véritable explication de sa nature et de sa raison.
l'RÉSENCE DK DIEU \ LA RAISON.
1.:i présence d’iinc lumière ili\ lue drins la raison est reniei|*neim‘nl le plui^ haut de la philosophie naturelle cl le lait capital de U pensi’e. ~ Nécessité lie meltro ce grand fait dans tout son jour. ^ Coup d'œÜ sur la splière in- Iclligiblo de la raison. — Nature dc.s idées et des principes nécessaires. — Dernier examen du scnsualismCf du cimcopluaHsinc et dn psydiologtame; ce qu'il y a dans ces systèmea de vrai et de taux. Les idées et les principes néci'ssaires sont des ohjtfls de connaissances, cl des réalités indépen> «hinlos <!e l’esprit créé qui les connaît. — La vérité mVessaire existe en Dieu. Vérihiblc origine des idées et des principes nécessaires. — Théorie des idées innées; théorie de la manifestation et de la participation. — Vrai sens de la puioii en Dieu. — IVéseiice de Dieu ù h raison. — Faculté intuitive. — Grandeur et beauté de L raison.
De nos éludes historiques, de re.Tamen et de la discussion des plus nobles et des meilleurs systèmes qui ont voulu expliquer la connaissance humaine, il résulte un grand fait : la présence, dans la raison humaine, d’une lumière divine. Cette lumière est la source de toutes nos connaissances absolues, nécessaires, universelles, qui forment la buse de toutes nos sciences. Par cette lumière, nous devenons capables de concevoir Tunilc, la grandeur, la beauté du monde, de trouver quelques-unes des lois qui le régissent.