‹ Philosophie et religionChapitre 21 sur 36 · PDISSANCE DE LA RAISON. IC · texte numérisé non relu

PDISSANCE DE LA RAISON. IC

théisme et des plus honteuses superstitions? Et même, lorsque l’homme a grandi dans le milieu le plus favorable à son développement religieux et moral, le degré qu’il possède de volonté, d’attention, d'activité, de puissance sur lui-même et ses passions, aura une influence décisive sur l'état et les forces de sa raison. Si donc nous devions apprécier aujourd’hui historiquement la puissance de la raison, nous devrions tenir compte de tous ces faits, de toutes ces circonstances. Mais c’est la puissance logique de la raison que nous voulons étudier en ce moment, et non pas son développement historique. Nous voudrions savoir ce que la raison peut absolument si on n'envisage que la nature de l'esprit humain et les principes; ce qu'elle peut relativement, lorsque les circonstances sont favorables à son développement ; et si elle peut encore quelque chose, lorsqu’elles ne le sont pas. 11 est donc clair que, dans cet examen, la haute et capitale question, qui nous occupera bientêt, de savoir si la raison a besoin d’un secours étranger et divin pour l’acquisition facile, sûre et complète des vérités religieuses et morales nécessaires à l'accomplissement des destinées naturelles de l’homme, cette question, disons-nous, se trouve réservée. Nous arriverons donc aujourd'hui à un résultat plutôt abstrait que réel, plutôt logique qu' historique, et cependant très-important pour nous former une idée juste de la puissance de la raison.

Avons-nous une mesure de la puissance rationnelle envisagée en elle-même ? Personne ne doute que les plus hautes mathématiques ne soient contenues dans

les élcmenls de celle science, et que tout esprit avec • l’allentiôn et le travail nécessaires ne soit capable de ces hautes spéculations. En est-il ainsi des vérités religieuses naturelles, si on n’envisage que la nécessité * logique? Y a-t-il dos vérités religieuses appartenant en propre à la raison, données avec la raison, inséparables de la raison, des vérités accessibles à tout esprit, et qu’il peut connaître avec plus ou moins de perfection ? Dans celle recherche, tout doit être ramené aux lois essentielles de la raison et i leur suite nécessaire. Il s’agit de savoir s’il y a des vérités religieuses nécessairement liées aux idées et aux principes constitutifs de la raison. ’U'm

î Nous avons dit que les résultats de la raisoA étaient très-différents, selon qu’on l’envisage dans le sauvage ou l’homme civilisé, dans l’enfant ou dans l’adulte, dans le polythéiste ou dans le chrétien, dans l’ignorant ou dans le savant. Et cependant, dans tous ces états divers, la raison n'est-elle pas toujours la même en ses éléments essentiels? Ne porte-t-elle pas toujours les mêmes idées, les mêmes principes sous des lormes, il est vrai, différentes? La question est de savoir quelles sont ces idées, quels sont ces principes inhérents, essentiels à la raison, inséparables d’elle; la question est de savoir quelles sont les suites nécessaires de ces idées, de ces principes, et si, parmi ces conséquences , se trouvent les vérités fondamentales de l’ordre religieux et moral.

Après toutes nos études antérieures, l’énumération des idées et des principes de la raison ne peut être difticile pour nous. Sans autre préambule, je dis que

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