‹ Philosophie et religionChapitre 23 sur 36 · PUISSANCE DE LA RAISON · texte numérisé non relu

PUISSANCE DE LA RAISON

.\insi quelques principes évidenls, quelques observations inévitables, nous élèvent à Dieu, nous expliquent l’Ame, nous donnent la loi moi-ale et sa sensation, nous révèlent la de.stinéc humaine dans l’ordre naturel. Veuillez remarquer que mon but n’était pas de vous donner des démonstrations complètes de toutes ces vérités fondamentales, mais de vous montrer (ju’elics sont nécessairement liées, évidemment liées aux idées, aux principes qui sont l’essence même de la raison; qu’elles sont données en même temps que cas idées et ces principes, combinés avec la double observation de la nature et de l’âme. L’homme a donc la puissance naturelle d'arriver à ces vérités impli- ' quées nécessairement dans les idées et les principes inséparables de sa raison et de son observation intime. . Avec de la réflexion et de l’attention, il peut dégager des lois qui gouvernent sa raison et sa conscience ces magnifiques conséquences.

La connaissance de l’existence de Dieu, des premiers devoirs moraux, de l'immortalité de l’Ame,' forme donc le domaine propre de la raison dans l'ordre de la vérité naturelle, religieuse et morale. L’homme, par sa propre nature, par sa propre essence, par la nécessité des idées et de leurs consé-qucnces, est donc en possession des éléments de la vio intellectuelle, religieuse, morale. Il y a donc en réa-? lité des vérités religieuses et morales, naturelles, essentielles à la raison et à la conscience.

Telle est, d’après la nature des choses et les luis il’une logique rigoureuse, la puissance de la raison dans la sphère de la vérité naturelle, religieuse cL

morale. En ellc-m(imc, celle puissance est gramle cl féconde, pleine de développeracnls el de richesses inlellecluelles; elle s'élend à lous les principes essenliels de la raison el à loules leurs conséquences nécessaires.

Mais celle puissance, nous l’avons déjà remarqué, se trouve le plus souvenl affaiblie, liée, paralysée môme par une foule de circonslances externes qui sont cependanl la vie humaine elle-môme. De la puissance logique quoique Irès-réellc à la puissance effective il y a loin. L’appréciation de celte pui.ssance, telle qu’elle se produit dans l’histoire de l’esprit humain, esl un objet important d’élude spéciale. L’appréciation exacte de cette môme puissance dans les individus est peut-ôlrc au-dessus des forces humaines. Nous savons seulement . que la puissance de la raison sera d’autant plus grande que les circonslances seront plus favorables à son développement. Il est évident que l’homme né au sein de la vraie religion peut facilement se démontrer les vérités qui lui sont d’abord enseignées. Il est très- 'certain, par les principes comme par l’iiistoire, que l’homme environné de préjugés el d’erreurs, el ne possédant ((u’une tradition altérée, peut réagir contre cet enseignement corrompu, el découvrir, par le bon usage de ses facultés, de grandes el nobles vérités. L’exemple des anciens philosophes est là pour allesler ce fait consolant. Enfin il n’est pas douteux que • l’homme environné des ténèbres d’une fausse religion ne conserve assez de lumière naturelle pour rester vraiment libre et responsable de ses actes.

• Maintenant, messieurs, permettezrmoi de confirmer celte doctrine sur la puissance de la raison, fonde-

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