INSUFFISANCE DE L’HOMME
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rilés lui sont cortimuniquées par l’acte créateur de son intelligence et de sa raison. On ne prouvera jamais par les saints Livres »juc l’homme, au premier jour , ait retju une révélation extérieure et positive (les premières vérités naturelles. Il y a eu sans doute une révélation verbale, mais qui a eu pour objet des vérités particulières. Plus tard aussi, les vérités naturelles, oubliées ou altérées par les hommes, ont été rétablies et promulguées par une révélation positive. Mais, selon les Pères et les interprètes les plus autorisés de l'Écriture sainte, il n’en fut pas ainsi au commencement; une lumière intérieure manifesta au premier homme les vérités essentielles*. 11 reçut aussi des connaissances et des dons d'un autre ordre; mais, comme nous l'avons déjà dit, nous pouvons, pour le moment, faire abstraction de ces privilèges, sans prétendre que l'homme ait été réduit un seul instant à l'état de pure nature.
La vérité naturelle fut donc communiquée à l’homme par la constitution même de son être. Son premier devoir était de conserver pur et intact ce précieux dép(ît et de le transmettre à ses enfants, comme la plus noble portion de l’héritage humain, comme leur véritable titre de noblesse. Mais si, par cette fatale puissance d’oubli et d’erreur que l'homme possède, cette vérité venait à s’altérer et à se corrompre dans la pensée humaine, un autre devoir incombait à l’homme. Il devait s’efforcer, à l’aide de la lumière
‘ Oh trouvera li-s UMiioignages des Pères et des interprètc.s dan.s le livre du H. P. Uiaslel, De l'orit/iiie des connaissances humaines, d'après l'Écriture suinte.
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de la raison, qui n’est jamais entièrement éteinte par les préjugés, les erreurs et les passions, de recouvrer la vérité perdue, lin objet plus digne de ses (ïffortsne pouvait lui être proposé. Conserver la vérité transmise, recouvrer la vérité perdue, tel était donc le grand devoir de l’homme ; tel était, pour lui, le seul moyen d’arriver à l’accomplissement de ses destinées naturelles.
Laissé à lui -même et à ses seules forces, l'homme, dans l’état actuel de ses facultés, se suffit-il pour accomplir ce double devoir? Se sufQt-il pour conserver la vraie religion, et la retrouver, s’il la perd? Grande <|uestion, féconde en conséquences. Pour la résoudre, au point où nous sommes, nous avons l’observation et le raisonnement. Nos .observations doivent porter sur les faits que nous présente la nature humaine, et nous pouvons demander ces faits soit à l’histoire, soit à l’étude de nous-mêmes. L’observation psychologique et l’observation historique doivent nous donner les faits. Le raisonnement ensuite doit tirer de ces faits leur conclusion légitime. Dès aujourd'hui nous pouvons commencer notre étude psychologique, et demander à l’ùme humaine le secret de scs relalions avec la vérité.
Dans notre récent examen de la puissance de la raison, nous avons fait abstraction de toutes les causes d'erreur qui l'environnent cl trop souvent la captivent. Cette omission était nécessaire pour nous faire une idée juste de la puissance absolue de la raison. Mais l'élude des défaillances de l’esprit humain doit compléter celle de sa puissance, comme nous l’avons