NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION
Tlé^uin^ <lc nos recherches touchant riiisufhsance des facullcs humaines et de la raison. (^onscquen< es sravea des obsenations et des faits élabUs. ~ L'homme n’arrive pas à la perfection de scs fins naturelles. — Nécessité morale de l’assistance divine ou de la révélation. — Notion générale de b révéblion. — Grandeur et beauté de cet ordre nouveau.
, Le moment est arrivé de recueillir le fruit principal de nos études.
Nous nous sommes demandé si l’homme laissé à lui-même et aux seules forces de sa nature se suffît pour arriver à la perfection de ses fins naturelles. L’homme, dont nous parlons, n’est pas un être abstrait ou chimérique; c'est l’homme réel, vivant en société, élevé, enseigné, forme par la société qui l’environne.
Pour bien préciser la question, l’objet le plus important à déterminer était les fins naturelles de l’homme. La fin naturelle de l’intelligence est la vérité et toute la vérité naturelle, c’est-à-dire une connaissance claire, précise, exacte, certaine du principe, de la loi, de la fin de l’homme; une connaissance
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claire, précise, exacte, certaine de Dieu et de ses rapports principaux avec le monde et avec l’homme; une connaissance claire, précise, exacte et certaine de la loi qu’il donne à sa créature intelligente et libre pour la conduire au but qu’il lui assigne. La fin naturelle de la liberté et de la volonté humaine, de l’activité volontaire et libre, se trouve dans l’observation pleine et complète des rapports qui dérivent de la nature des choses, rapports qui constituent l’ordre éternel et nécessaire et qui nous sont manifestés par la loi divine.
Telle est cette noble et pure idée des fins naturelles de l'homme, cette idée que nous portons dans notre raison et qui se déduit rigoureusement de la connaissance que nous avons de Dieu et de nous-mêmes.
Pour arriver à la solution do l’importante question que nous avions posée, deux voies se sont offertes à nous, celle de l’observation psychologique et celle de l’observation historique ; nous pouvions étudier la raison et la conscience humaine en elles-mêmes et dans leur manifestation par l’histoire de l’esprit humain.
L’étude attentive de nos facultés, de nos puissances dans nos relations actives avec la vérité cl le bien, nous a fait connaître les causes nombreuses d’erreur et d’égarement que nous portons en noüs-inémc. Notre intelligence est douée, sans doute, d’une grande forcÆ, d’une grande pénétration ; les sciences qu’elle crée sont sa gloire immortelle; mais celle force, celte pénétration elles-mêmes ne servent qu'à mieux constater ses bornes. Tout nous avertit de la défaillance de
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noire raison, cl chacune de ses conquêtes ne fail que reculer la limite qui se pose toujours devant elle. Si le monde de la nature nous présente des mystères et des profondeurs insondables, que sera-ce du monde divin, de l’infini lui-même? r
Aux limites naturelles et nécessaires de nos facultés, SC joignent nos légèretés, nos défaillances volontaires ou involontaires, nos préjugés, nos systèmes, nos passions. Toulrs ces causes d’erreurs exercent sur nous une fatale influence, cl les sages préceptes de la philosophie, qui ont pour but de nous en préserver, n'oblicnnenl pas toujours l’effet qu’ils se proposent.
Les facultés humaines, imparfaites en elles-mêmes et soumises à l’action de tant de causes énervantes et délétères, sont très-inégales dans les individus. La faculté de raisonner, en particulier, qui doit en définitive diriger l’homme vers la vérité et le bien, puisque, le cercle de l’évidence immédiate est très-restreint cl que le sentiment doit être toujours conlrêlé par la raison, sous peine de consacrer toutes les aberrations du fanatisme, toutes les illusions de l’enthousiasme ; la faculté de raisonner, dis-je, est presque aussi diverse qu’il y a d'individus divers. Celle faculté dépend du degré de culture de l’intelligence, du degré de rectitude du jugement, de la force de la volonté, de l'allenlion de l’esprit. Toutes ces conditions se diversifient prodigieusement, et les acquisitions du raisonnement humain seront diverses comme la faculté dont elles procèdent.
La simple observation des facultés humaines nous apprend donc que si le dépôt de la vérité est confié
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à l’homme seul, il en sera un gardien infidèle. Héritier de la vérité, il en dissipera follement l’héritage et laissera périr dans scs mains ce bien inestimable. S'il doit reconquérir, par scs seules forces, la vérité perdue, si elle doit être le fruit de ses seules spéculations,, de ses seules recherches, du raisonnement seul, ses conquêtes et ses acquisitions seront marquées au sceau de la faiblesse, de la diversité, de l’opposition même de ses facultés; et, en dehors des principes évidents par eux-mêmes, nous n’arriverons jamais à la vérité une, immuable, absolue, c’est-à-dire <jue nous n’aboutirons qu’à des systèmes partiels, exclusifs, erronés.
Telles sont les conséquences importantes que nous avons déduites de l’observation interne. 11 fallait les confirmer par l’histoire de l'esprit humain. Nos études historiques viennent se concentrer en trois faits, que nous croyons avoir solidement établis et élevés audessus du doute. Le premier de ces faits résume l’histoire de l’esprit humain dans l’antiquité, les deux autres dans les temps modernes.
Premier fait : A l’exception d’une seule, les religions de l’antiquité sont tombées dans les plus graves erreurs sur la notion de Dieu ; le culte s’est corrompu en proportion de l’altération de la croyance au premier principe, et la loi morale a été profondément obscurcie et souillée par cette double corruption. Malgré de nobles efforts et des services rendus à l’humanité, la philosophie antique n’a pu rétablir dans sa pureté et sa perfection la notion de Dieu ; elle n’a pu assigner à l'homme, d’une manière précise et exacte.
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ni sa loi, ni sa fin. De plus, riiiimanilc, laissée à ellemcmc, n'a pu par scs propres forces sortir des ténèbres du polythéisme, s’aiTruncliir de la corruption des cultes idolâtriques, ni des erreurs et des doutes de l’antique philosophie.
Deuxième fait : Au sein de la lumière du christianisme, lorsque l'Iiarmohic de la religion et de la philosophie a été brisée ; lorsque l’esprit humain a rompu avec la foi, et déclaré qu’il voulait se suffire et ne relever que de lui-même, toutes les erreurs antiques touchant la nature de Dieu et ses rapports avec le monde , touchant l'homme, son origine, sa nature, sa loi et sa fin, ont été renouvelées et aggravées. Nous avons vu l’esprit humain traverser l’idéalisme et le matérialisme, le dualisme et l’athéisme, le scepticisme et le panthéisme, pour arriver enfin à une erreur qui absorbe, résume et agrandit toutes les autres, l’anthropothéisme et l'anthropolâtrie. Vous n'avez pas oublié les témoignages que je vous ai apportés ici de cette dernière et nécessaire transformation de riiégélijnisme. On n’aurait jamais cru que l’homme pût aller jusqu’à cet excès d’égarement. Mais la logi(|ue est une puissance fatale; un principe donnera toujours, tôt ou tard, toutes ses conséquences ; l’hégélianisme devait nécessairement aboutir à l’anthropothéisme , à l’anthropolàtrie. Toutes les aberrations, toutes les corruptions, toutes les hontes du fétichisme et du polythéisme devaient être dépassées. Car enfin , au milieu de ces prodigieux égarements, l’homme reconnaissait et adorait une puissance qu’il croyait supérieure à lui. .Aujourd’hui