‹ Philosophie et religionChapitre 33 sur 36 · NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ DE LA RÉVÉLATION

il SC déclare raniqueinlelligencc, l’unique conscience du monde, le dernier terme de tout le développement, de tout le mouv^ent de l’être, le Dieu véritable. Aujourd’hui il déclare qu’il doit s’adorer luimême. Homo homini, homo sibi deu$, voilà le nouveau symbole. Et, par une conséquence nécessaire encore, Végoïime est la seule loi de cet homme-dieu, l’unique code de morale, le nouvel évangile. Que l’homme ose se déclarer Dieu , ou qu’il ne craigne pas de se dire l’antagoniste, le rival et bientôt l’heureux vainqueur de Dieu lui-même ; qu’il fasse consister toute la morale , toute la religion , tout le culte dans l’égoïsme ou dans l’athéisme et la guerre à Dieu, l’absurdité et l’impiété sont les mêmes de part et d’autre. Seulement la formule germanique l’emporte, par son unité et la rigueur de sa conséquence, sur la formule française.

Troisième fait : Si ces prodigieuses erreurs qui sont venues effrayer le monde, menacer l’ordre social, faire reculer la liberté, rendre le progrès douteux, jeter le découragement dans les âmes; si ces monstrueuses erreurs étaient des fruits naturels et nécessaires de la raison, la raison serait condamnée, comme une puissance malfaisante. Gardons-nous de ce blasphème; il est vrai que les conséquences des principes acceptés sont nécessaires et invincibles, mais l’acceptation des principes est toujours libre, et l’acceptation des principes qui ont engendré de pareilles conséquences n’a pu se faire que par la violation des lois les plus évidentes de la raison. L’acceptation de CCS principes a été le renoncement à la raison, un

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crime de lèse-raison. Aussi il y a eu, il y a encore, il y aura toujours une philosophie sage et contenue, qui protestera contre toutes ces erreurs, qui les combattra, les détruira par le raisonnement. Mais si cette philosophie veut se sulïirc à elle-même, si elle veut sulllrc à riiominc, si elle n’est qu'un déisme, un naturalisme, un rationalisme pur ; par cela seul qu’elle se séparera de la foi chrétienne, ou qu'elle voudra la dominer ou la remplacer, elle sera pleinement convaincue de son insufiisance. En effet, elle n’aura, dans son isolement, dans sa séparation, ni assec de vérité , ni assez d’unité, ni assez d’autorité, pour conduire l’homme à la perfection de ses fins naturelles. Elle n’aura pas assez de vérité, parce qu’elle mêlera trop souvent l’erreur à ses enseignements; parce que, par le seul raisonnement, elle ne pourra pas mettre l'homme en possession de toutes les vérités qui lui sont nécessaires. Elle n’anra pas assez d’unité, puisqu’il lui manquera un point d’appui, une règle placée hors de l’esprit humain, cl propre à ramener au centre de vérité la raison qui s’égare. Une diversité prodigieuse d’opinion sera le résultat inévitable du défaut d’équilibre et d’harmonie dans la consliluilion ile l’esprit humain. Ce manque d’unité et de vérité ôtera à la philosophie l’autorité nécessaire pour enseigner au genre humain qui ne peut pas philosopher, ce qu’il doit croire et ce qu’il doit faire, ce qu’il doit espérer et ce qu’il doit craindre. Elle ne pourra jamais proposer au monde une formule nette, précise, complète, embrassant le dogme parfait, la morale parfaite, le culte le plus digne de Dieu et de l’homme.

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