‹ Philosophie et religion [microforme]Chapitre 3 sur 103 · NU · texte numérisé non relu

NU

Etre actuel, être de son temps, c’est Pessentiel, snrtout lorge qu’il s’agit de doctrine. Mais être actuel, est-ce cette passion, ce parti pris qui juge a priori et ne voit toujours qu’un côté des cho ses, qui blasphème et détruit le passé au Kea de le bénir et dé le Compléter? Dieu nous préserve de ces Progressistes à rebours, race de demi-venas, d'enfants mal nés, qui avec un orgueil et une Outrecuidance à peine égaks par leur naîveté, viennent prôner progrès et réforme! Ils croient sincèrement qu'avant eux rien n’a existé et que le monde commence. -.. dans leur cerveau! Ce n’est pas à ce que j'appelle être actuel. Etre actuel, c’est comprendre le présent sans doute, mais, c'est aussi reconnaître le passé, savoir adopter au génie et aux erreurs de son époque la vérité de tous les temps, où, pour préciser davantage, c’est dire ce qu’il faut dire, et de Ia manière dont il faut le dire, à l'époque où l'on vit. Dire à son temps ce qu’il a particulièrement besoin de

savoir, et le lui dire précisément de la façon qui lui convient, pour qu’il de puisse compreidre, Voilà ce que j'entends par actwalité}

Sans doute la vérité est wme et son langage dans le ciel est un Comme elle. La vérité, c’est le verbe de Dieu qui, avec lni, est un. ‘‘Pater et ego unum sumus.” Mais la vérité se transforme et parle ici-bas diverses langues, suivant les dispositions des esprits qu'elle veut subjuger. Klle sait admirablement se faire tout À tous, elle bégaie avec l'enfant, se précise davantage avec l'adolescent, et devient exacte avec l’homme; elle ne parle pas aux barbares Comme aux peuples civilisés, à un siècle rationaliste comme à un siècle de foi. C’est Pourquoi, pour bien parler à son siècle, il faut Condescendre à ses faiblesses et se mettre À sa portée, voir par quel point il s'éloigne ou s’approche de la vérité, ei faiblement que ce soit: Car, nous dit le plus illustre frère de Thomas D’Aquin au dix-neuvième siècle : D. .ême qu’un navigateur doit connattre la position variable de la terre par rapport au ciel, quiconque a pour mission de répandre la vérité, doit savoir quel est lefpôle que l'esprit humain penche vers Dieu » quel est celui qui s’en détourne, quelle est dans cette situation Commune, l’inclinaison particulière de chaque intelligence ; autrement la vérité y tombe à faux et ne produit rien.” e

Or St Thomas eut le don de frapper juste au cœur de son siècle. Sans doute, le grand docteur est universel et de tous les âges, puisque le vrai qui rayonne de ses puissantes formules, de.

vient comme une Clarté illuminant chaque siècle ; Cependant, il

faut reconnaitre que toute Ja passion du maître fut d’être actuel et de s’attaquer aux erreurs de son siècle pour les détruire par l'exposition de la vérité,

Si, par ailleurs, sa doctrine est universelle, ç’ fait naître au treizeième siècle pour le placer comme au confluent des siècles de foi et des siècles rationalistes, Dans ce XITIème

siècle en effet, se trouvent réunies les Passions et les erreurs de tous les siècles,

est que Dieu l’a

Ne soyons pas des ‘‘laudatores temporis acti,” des censeurs du présent Contre-temps,

Si le treizième siècle a des Pages glorieuses, il en a de bien bumiliautes et de bien tristes qui ne le cèdent en rien À tout ce qu'il y a de plus éhonté et de plus bas aux époques les plus récu. lées qui le précèdent ou le suivirent. Si, à son fiimament, nous VOÿOus briller des astres tel que Louis de France, Grignon de Montfort, Grégoire IX, Innocent III, Dominique de Guzman, François d'Assisses, Thomas d’Aquin et Bonaventure, si autour de ces satellites de la science, de l'autorité et de la sainteté, se &roupe toute une pléinde d’âmes généreuses et d’esprits élevés, il

L’en est pas moins vrai que, dès cette époque, les nuages s’amoncellent, obscurcissant l’horizon, que l’

dissant, annonce au monde de terrible

à outrance, et des admirateurs du passé À temps et à

ets sont terrassés par le cimeterre d’un Saaincre, les pourchas-

; l'Europe est occupée par les Turcs qui écrasent, sous leur impitoyable tyrannie, des milli-

ons de chrétiens ; l'église grecque, séparée de l’église latine, est enracinée dans son schisme par lingratitude et la déloyauté de ses adhérents ; les Albigeois répandent partout leurs mœurs et leur doctrine dépravées ; un empereur chrétien, Frédéric d’Alle. magne, Va, jusque sous les murs de Rome, insulter la Papauté et sa victoire ; le vicaire de J. C., vaincu et humilié nelle et de prendre le chemin de l'exil.

Si, de la sphère du monde politique,

nous passons À la sphère des idées, nons trouvons une lutte no

n moins acharnée, Elle

ÿ Cependant, il it d’être actuel s détruire par

st que Dieu l’a ne au confluent s ce XIlIlème les erreurs de

” À outrance, é À temps ct à

en a de bien ien À tout ce les plus récu.

ament, nous Grignon de de Guzman, re, si autour

sainteté, se tR élevés, il ges s’amonine, et gran-

sommets du re d’un Sa- 3 pourchas.

occupée par , des millilatine, est loyauté de mœurs et ric d’Alle.

papauté et ; le vicaire ville éter-

À la sphènée. Elle

m'est, après tout, que ln conséquence des principes diamétraleaneat opposés qui s’y livraicut bataille.

Préparé depuis des siècles, de choc formidable de la raison ‘t de la foi venait d'avoir lieu.

Jusque-là, comme dirait St Paul, les éKments dn monde et les éléments divins s' étaient développés quasi paraHèlement et ‘comme étrangers les aus aux autres.

D'an côté, Platou et Aristote, des écoles du Lycée et da Portique, avaient poussé les investigations de M raison jusqu'à des sommets vraiment inaccessibles, Quelles que soient les erreurs dans lesquelles est tombée deur raison déchue, il n’en est pas moins vrai qu'il faut admirer jusqu’à quel point Dieu avait permis à l’homme de s'élever dans l’ordre spéculatif,

Après avoir traversé les catastrophes de lempire Romain et franchi l'iwmense barrière élevée par la torpeut intellectuelle de da décadence et des barbares, ils arrivèrent au moyen âge sans sien perdre de leur influence doctrinale,

D'un autre côté et parallèlement à ces philosophes, les Pères de l’Église travaillent sans cesse au développement des dogmes, combattant l’hérésie, discutant des textes et nous transmettant iutactes et agrandies la £oi et la tradition des Apôtres, Loin de s’attarder aux utopies où aux disputes des philosophes, is marchent droit devant eux, et vont à la découverte de tout ce qui est conteuu dans les régions immenses de la révélation.

Si parfois des discussions se sont élevées entre les philoso phes et les Pères de l'Eglise, ce ne fut qu’en passant et, de ces

. luttes doctrinales nous sont restés des fragments impérissables.

Mais ce ne fut, en téalité, qu'après doute siècles de silence et de

préparation que le choc se produisit et que la guerre éclata, Les

plus grands problèmes de l'humanité se posèrent à la fois : le problème de l’origine, de {a distinction et de la multiplicité des êtres, le problème plus grand encore de la coexistence du fini et de l'in. fini, du monde et de Dieu, celui de la conservation et du gouver. nement de l’univers par l’éternelle sagesse ou encore celui de l’influx direct du premier moteur sur tout même sur la liberté.

Ne croyez pas que les luttes actuelles soient les grandes Inttes de la raison, et qu’il n'y en a pas eu de plus terribles que cel. les de savoir si l’être pense en moi, s’il! y a dépendance ou non des organes du cerveau sur ma pensé:

Ce sont des

luttes d'avant-garde que celles-là, luttes du maté

ce sont J2s rialisme et du subjectivisme, luttes d'en bas; mais il y a aussi les luttes d'en haut

. celles de l'intelligence ! L'une d'elles snacita Un enthousiasme et exerça une influenca

la multiplicité et In grandeur des attaques de Contre elle, suffisent à nous faire SOupçonne: Philosophe arabe, homme supérieur Pour scruter et Contempler plus à s

rait et que son génie lui avait fait découvrir, Dans la solitude de ses Montagner,

il avait posé au monde un des plus grands problèmes Philosophique qu’un homme Puisse poser, D'instinct il l’abordait, dogmatisant à des hauteurs où St Thomas lui-même a Peine à le suivre, [l creusa un abime ente la raison et Ja foi, Son influence néfaste s’est fait sentir bien au-delà de son époque, même sur leu orthodoxes de toutes nuances dont les principaux se nomment : Alexandre de Halèe, Scott, Ockam, et Jean de Ba- COMptorb le prince dés Averroistes,

Averroès, un Masulman, était devenu le maître Classique des Catholiques !

que seules St Thomas dirigées C'était A verroès, + esprit subtil, vivant à l'écart on aise, cette vérité qu’il ado.

Le moyen âge ne s’en pas être plus surpris de voir de l’école de Tolède que l’archéologue ne l’est quand il trouve

dans les trésors du Moyen-âge des ornements ecclésiastiques fa-

b'iqués avec des étoftes arabes et ‘‘couverts de sentences du Coran.”

offusquait pas. L

‘historien ne doit des évêques et mêr

ne un pape sortir

Le moyen de vaincre de pareils adversaires, ce n’est pas de fuir leur Conversat'on et de dédaigner leurs ouvrages, mais de les

fréquenter, d'étudier, et d’argumenter avec eux, pour les Vaincre sur leur terrain

Ce fut la tactique de St tenu compte des aspirations zième siècle était épris q raison et philosophie, surtout Aristote, dont A

Thomas. Nul plus que lui n’a et des besoins de son temps. Le trei.

€ philosophie: St Thomas lui parla Le treizième siècle udmirnit les Grecs et verroès avait été le Commentateur célèbre, St Thomas n'hésite pas à Prendre Aristote, quoiqu’il fût à l'index, et À le bapnser Comme l’a si bien dit un auteur,

les principaux Ouvrages et en r qu’il était, il Je fit pr ter le système d’A

Il en commenta ectifia toutes les erreurs, De païen ince de la philosophie Chrétienne, Pour réfuverroës, il COMposa sa ‘Somme contre les Gen-

, ce sont l2s l'en bas; mais L'une

gence !

PnCe que seules o0mas dirigées tait Averroès, ‘ivant à l'écart rité qu’il ado.

la solitude de 8 grands pro- D'instinct il 8 lui-même a in et Ja foi, è son époque, principaux se Jean de Ba-

lassique des

ien ne doit pape sortir d il trouve stiques fa.

entences du

‘est pas de mais de les les vaincre

ue Jui n’a s. Le trei.

lui parla s Grecs et 1 célèbre, à l’index, commenta De païen Pour réfules Gen-

se;

ine dans la préface de cet ouvrage &

tile” et plus spécialement son ‘‘opuscule contre les Averroistes”?, Puis les volumes n’ont cessé de succéder aux volumes et les cules aux opuscules, apportant un uno plaie tonte vive, jusqu'à ce qu'entin il écrivit sa Somme Théologique”, le résumé de toute su doctrine, et plus de ses œuvres, marquée au coin de l'actualité

opusremède toujours nouveau à

qu'aucune St Thomas l’aftir.

Il est done incontestable que St Thomas fut un esprit peut plus actuel entièrement voué aux tendances et au de son siècle, C'est pourquoi il en a saisi le Coûvert les muyens de le vai rcre

on ue X besoins 8 CÔtÉs faibles et dé.

en lui donuant ln vérité elle lui convenait et duns la langue qui lui était

Mais, comme tous les hommes qui pensent et sont de leur temps, Thomas d'Aquin rencoutrera, non pas au dehors, siens, les plus violentes contradictions, Comme autrefois le Christ méprisé, banui de la Synagogue, rejeté des siens, Thomas d'A. quin, son imitateur et son disciple, dût subir lui aussi la plus odieuse contradiction, Ja plus rude épreuve qui puisse frapper au Cœur d’un saint, je veux dire le mépris et même les anathèmes de "cette église de Paris qu’il avait pourtant tant aimée et si bien servie. C’est le sort de la vérité d’être méconnue et rejetée par ceux-là mêmes qu’elle vient éclairer et sauver.

Jésus-Christ le Verbe de Dieu et la splendeur du Père, n’était-il pas la vérité, lumière éclatante qui illumine toute intel. ligence ? Cependant, nous dit St Jean, lorsqu'il est venu, non pas

. parmi les étrangers, mais, parmi les siens, les. siens ne l'ont pas reçu. Pourquoi? Parce que la lumière briilant dans les ténèbres reste incomprise ‘Et tenebr£e eam non Comprenderunt.” Non comprehenderunt, voilà l’éternelle histoire. Et ce fut malheureusement celle de frère Thomas, génie prodigieux, lumière du monde. Car les siens ne l'ont pas reçu. Et sui eum non receperunt,.

Sa science provoqua l’étonnement et l'enthousiasme, les écoles et les universités Contemporaines le comblèrent d’éloges et d’honneurs ; cependant, il n’en reste Pas moins vrai que sa doctrine fut loin d’être acceptée et qu’Albert le Grand dût prendre son bâton de voyage, À l’âge de 80 a08, pour aller défendre son disciple devant l’université de Paris. Thomas d'Aquin tenait peutêtre trop du maître : il ÿ avait trop du Dominicain en lui. La li. berté de ses allures et la hardiesse de ses vues le rendaient sus-

comme Ompréhensible,

mais chez les

peet. N'avail.1l pas devancé son siècle ? N'étaitiT pas allé pires loin qu'aucun de ses prédécesseurs et même du ses contémporains ?

Ve serait-il pas dangerenx, à votre époque, d'enseigner qu’il faut accepter des opinions et des doctrines inconnues jusqu’à nos jours ?” Ne serait-ee pas d'autant plus dangereux que ees opinions et! ces. doctrines nouvelles seraient présentées à certaines gens et pa un Dominicain? Or ee Dotninieaim, libre-pensewr, progressiste à ou.

trauee, n'avait-il pas trop aceordé à la raison, sons pretexte d'ac.’ tualité et de progrès et cela, au plus grand détriment de la foi ? N'était-il pas téméraire d'enseigner que la raison est impuissante: À prouver la eréation de monde dans le temps eu eneore de soute-

nir que l'âme est le principe de la vie et la forme substantielle div eorps; que les anges ne sont que là où ils epêrent; que sans la matière, les individus ne peuvent être muhtipliés dans la même espèee, et tant d’antres opinions que j'omets pour éviter les dé tails d’une statistique aussi fastidieuse qu’inntile #

Ce fut l'avis de tous ks prudents, et ils étaient nombreux. Pieux charlatans !... Et dire que cette doctrine du Christ fut: eondamnée, non pas par le pape assurément, mais par un évêque, un de ces évêques plis prudente et plus orthodoxes que le pape

Ea situation était critique. I se Passait alors, dans le do maine de la théologie, ce qui se passe maintenaut dans le domaine de l’Ecriture. Maïs ce qui m’étonne et m'attriste, c’est de voir: l’animosité et la prévention de tant de clercs contre ee demi-rntionaliste. Ces préventions étaient si profondément ancrées que, même après un demi siècle, il n’a fallu rier moins que le témoignage unanime de 23 maîtres em théologie et de 39 bacheliers. pour parvenir à faire lever la censure portée eontre ses cvita bär

un évêque de Paris et maintenue par trois de ses sucer

On s’étonuneruit À tort de voir ha vérité méconnue par ceux qui ont mission de la défendre. Il en est, et en era ainsi, toutes les fois que, dans l’Eglise du Clrist, quelqu'un se eroira plus elair-oyant que l’Esprit-Saint et plus catholique que ic pape,

IE es. 4 de progrès, l’aspivation À l'actualité voilà bien, si je ne m2 icr.1e, le earactè:e tout-d.fait spécial de frère Thomas et

je puis ajouter de ses disciples ; car Dieu merci, cet esprit lui a survéeu. À l’aide de l’histoire. nous pouvons facilement en suivre le

ve RS TUS 5

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-iT pas alé pires contémporains ?

eigner qu'il faut sqw’À nos jours ?’ opinions: et: ces:

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nent de la foi ?

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c’est de voir:

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À bien, si je Thomas et rit lui a sur.

20 suivre læ

trace jusqu’à nos jours, Cet esprit est l'esprit de Dieu qui s’est posé sur lui et sur ses fils pour y demeurer aujourd’hui, demain et jusqu’à la dernière heure du monde,

D'où lui vient cet esprit? Comment l’Ange de l’école a-t-il été préparé au rôle sublime de Docteur universel ? S'y est-il pré. paré lui-inéime ? A-t.il subi quelque influence ou bien est.il à lui. même son maître ?

Poser la question, c'est In résoudre,

Ilest une loi, pour toute intelligence, loi rigoureuse et iuflex. ible, à laquelle nul n'échappe,

Cette loi est de subir une influence et d’être formé par une école, un enseignement supérieur quelconqne, et voilà Pourquoi on a raison de dire que nul n’est à lui-même son maître.

Un homme, si belle soit son intelligence, si vaste soit son géuie, ne saurait échapper à cette loi. A l'instant où se dessine sa personnalité il garde, bon gré, mal gré, l'empreinte qu’il a d’abord 1êçue, Si dans l’esprit de frère Thomas s'est trouvée une provision de ce Caractère à la fois scientifique, progressiste et actuel tient-il ? Il le tient de ceux que Dieu, dans ses desseins avaient désignés pour éveiller ses facultés endormies, leur impri. mer le mouvement et la direction voulus, Il le tient de cet ordre de savants et d’Apôtres, de Théologiens et de Prêcheurs qu’il était appelé à illustrer, Si plus tard, l'Eglise lui a rendu justice,

en lui rendant un hommage immortel et en l'appelant Docteur An. gélique et Prince dela Théologie, c’est parce qu'il a augmenté l’hé. ritage reçu de ses frères. Il favorisa, grâce à la toute-puissance de son génie, le plein épanouissement de l'esprit scientifique que Dieu avait légué à St Dominique et à sa postérité,

On oublie trop que frère Thomas eut pour maitre Albert le

t illustre saint, pro.

foud théologien et canoniste émérite, Raymond de Pennafort,

e Teutonique, quatrième

On oublie trop, qu'après avoir été ainsi formé, mission de rendre le même service à ses fréres. Preuve dans son assignation au couvent de St J

il eut pour Nous en avons la aCques de Paris et

dans l’ordre qu’il reçnt,. plus tard, du Chapitre tenu à Ahagnie-em 1265. ‘Pour la rémission de tous ses péchés, nous Commandons. À frère Thomas-d aller à Rome prendre [a direction des études, et. s’il en est pamni les-étudiants. qui manquent d'application au tra. vail, nous lui donnons-le pouvoir de Les renvoyer à leurs couvents.”” C’est aivsi que de frère Thomas nous avons reçu nos coutumes et. nos traditions et que nous Vous Couservé intacte toute sa. doctri.

ne. C’est à cette tradition établie par lui que nous devons d’avoir

un euseignement sans rival. LI est de notre devoir not-seulement. de l’accepter et de: le douner, mais encore de l’aimer comme un

bien de famille dont nous sommes les seuls héritiers. L'ordre l’a. toujours défendu et conservé avec x soin jloux, En. 1278, qua-

tre ans seuleinent après-la mort de St Thomas, le franciscaiu Jean Peckan (Echard : Sctriptores Ordinis) m'chevêque de Cantorbery,, eondamna certaines: Opinions du grand. docteur et entraîna à sa

suite quelques veligieux de l'Ordre.

Aussitôt le chapitre tenu. à Milan s’empressa d'envoyer en. Angleterre, deux frères, chargés de 'uppeler les dessidents à l’uuité de doctrine. Dès l’année suivante, au chapitre de Paris, (Fontana : De tenenda doctrina divi Thomæ) on ordonnait à tous les frères, sous les peines les plus S'aves d'employer tout leur aèle À enseigner et à défenlre même li moindre opinion de St Thomus, On. privait tout religieux, inanquant à cette ordonuance, (qu’il fut maître, bachelier où Prieur), de tout office et de tout, droit, et l’on réservait au maître Général seul, où au chapitre, la. faculté de les réintégrer dans: leur charge. Des lors, toute hésita. tion cesse. La doctrine de St Thomas devient la doctrine de l’Ordre. Pour la inaintenir L'Ordre impose, peu de temps après, l’obli. gation par laquelle tout professeur s'engage sous serment à ne s’écarter jamais de lesprit du maître et à enseigner sa doctrine:

‘dans toute son intégrité. Mais, ce ne fut qu'après un siècle et demi de patience et de luttes que la vérité t'iompha et que: la doctrine de St Thomas fut feconnue officielle non-seulement par toutes les écoles catholiques! inais par l'Eglise tout entière. Or ce qui mérite d'attirer notre attention, c’est que, même avant ce triomphe définitif, le treizième siècle, si ingénieux à nommer les. êtres et les choses, nous appelait ‘l’ordre de la vérité.” Ce titre: glorieux a été donné à notre Ordre seul, parce que la vérité s’est.

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mer comme un rs. L'ordre l’a. En. 1278, quaaucCiscaiu Jean de Cantorbery,, entraîna à sa

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essidents à l’uitre de Paris, + ordonnait à loyer tout leur on de St Tho.

ordonuance, ce et de tout, ü Chapitre, la.

toute hésita.

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sa doctrine | siècle et deque: la doculement par ntière. Or ce:

avant ce trinommer les.

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(our ainsi dire, üncarnée dans la personne le frère Thomas ét que uous soinmes restés, chacun de ROUS, COMME une parcelle de son Cœur et de son esprit, grâce à cette tradition trinterrompue qui est Co:nme l’éche de ces nombreuses et safantes leçons données par dui à Paris, à Rome, à Naples et en tant d’aatres lieux.

Qr il est une Compagnie religieuse venne après nous, lajnelle nou-seulemeut voulut enlever St Thomas aux Dominicains et St Alphonse aux Rédemptoristes, mais encore eut l’humble prétention de les leur expliquer. Qu'ont répondu ces deux Grdres? Its l'ont priée de veuloir biea calmer son zèle, de laisser St Thomas aux J'homistes et St Ligueri aux Ligueriens, [ls s'engageaient de lent Côté, à ne leur envier ni Bellarimin, ni Molina, ni moins encore la gloire, si e’en est une, d’avoir introduit la casuistique moderne «lans l’Eglise.

[l'y a que l'anteur qui pairse donnet le seus vrai de Ia doce trine, Que cet auteur soit ua être unique ou collectif, Qui, par ex. emple, aurait {a prétention dl'interprêter la Bible, sans le secours «lu magistère de l'Eglise et de da Tradition? La taison est que la Bible appartient à l'Eglise, et que, dane l'Eglise, il y a la tradition parlée qui éclaire et Complète la tradition écrite. La Tradition écrite £ut-elle complète, la Bible appattiendrait à l'Eglise, parce que c'est à elle de nous l'expliquer, [l ne s’agit pas, en effet, de Aouner unc interprétation Quelconque et de sabstitwer à la pensée de l'écrivain sacré, la mienne Propre ou celle d’un autre. Si nous le faisons, nous falsifione cet auteur, et nous ne sommes ni plus wi moins que de faux exégètes.

D'où je conclus que pour avoir l'idée de Pauteur, il faut aller à l’auteur on à ceux qui l'ont entendu. Or, ilen est ainsi, toute vroportion gardée, de la doctrine de St Thomas. [1 ne nous a pas laissé seulement ses livres, il a laissé sa traditionf il n’a pas senlement écrit, il a parlé. Ceux qui l'ont entendu existent. C'est uous Dominicains, qui, d'âge en âge, nous sommes transmis les leçons du Maître, et avec elles, tous les éclaircissements qu'il a donnés lui-même sur ses écrits,

Ainsi s’est formée, au sein de la famille dominicaine, cette interprétation, traditionnelle et authentique, cueillie sur les lèvres même du St Docteur, C'est pourquoi si quelqu'un vient prendre l’un de ces livres, l'Ecriture qui appartient à l'Eglise ou la Somme

théologique qui appartient à Notre Ordre, avec la prétention de

nous en donner le sens, ous avons le droit de le récuser, comme uu fils de famille récuserait le Monsieur qui, s’emparant des papiers constituant SOn trésor

patrimonial, aurait la prétention de lui expliquer ses titres de noblesse.

St Thomas est À nous ; nous en avons la doctrine et l'esprit. On le retrouve dans cette longue série de noms qui représentent Notre vitalité et notre gloire doctri un Ordre religieux n’est et ne eloppement de la pensée Providentielle de ce lui qui l’a fondé, comment ne PAS voir que nous avons la confircise de cette loi ? Dieu a voulu, pour ainsi du doigt, en ne permettant pas qu’un seul 1 de nos saints ne fût un savant avant d’être

ce privilège et reflèter en être autrement, pu Or, comment peut-on vocation ?

nt ce Caractère divin. D'ailleurs, pouvait-il isque la science est le but même de l'Ordre ? se sanctifier, si l’on manque le but de sa

Aussi ouvrez l’histoire à quelque époque que ce soit. Lors-

ominicain, vous pouvez dire: ‘Je me irouve en présence d’un homme dont lPunique but, a été la science.” is le treizième siècle jusqu’à nos jours, il n’est peut-être Pas une seule découverte importante qui n'ait en Pour défenseur ou Pour auteur un Dominicain quelconque, Où trouverons-nous Jes défenseurs du dogme scientifique de la spéri- ‘ Sinon dans notre école? Cette découverte n’a.t-

née au quinzième siècle, grâce aux savantes re- Ouvrages précieux de deux Dominicains de Flo.

Sans le travail de ces deux moines, Florence n'aurait jamais eu Christophe Colomb et l'Amérique n'aurait pas été découverte ; Car C’est dans leurs Ouvrages que le découvreur du ‘Nouveau. Monde” trouva Ja grande pensée qui fit jaillir l’étincelle de son

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